Atterrissage

Ça y est, je ne plane plus. Enfin. Car autant au début c’est rigolo cet état un peu second, autant à la longue, ça devient très agaçant. J’ai eu un pic jeudi dernier et la journée a été rude. Je me voyais tourner de l’oeil chaque minute. J’ai même pensé rentrer chez moi et puis j’ai tenu le coup toute la journée.

Plus je me concentrais, plus je m’occupais, et moins j’avais de vertiges. A croire qu’ils sont là pour te pousser à te bouger les fesses et ne pas flemmarder sur ton bureau !

Je pense donc pouvoir dire que je suis sortie de la zone de turbulences. Et retournée à la vie normale. J’ai retrouvé mon impulsivité légendaire, mes démarrages au quart de tour, voir mon côté lunatique si détestable. J’essaie de maîtriser tout ça. J’ai identifié les situations qui me font dégoupiller (au hasard, un repas qui vire au lancée de purée en 2 secondes, par exemple) et je tente de prendre du recul. Je me fais un briefing intérieur, je dédramatise et le plus souvent ça marche.

Bon bien sûr, rien n’est parfait et il m’arrive de m’énerver à nouveau. La différence, c’est que désormais je sais que je peux gérer. Mes réactions ne sont plus source de stress et de questionnement. Et qu’est-ce que c’est reposant !

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Ca plane pour moi

En stoppant mon AD, je ne m’attendais pas à expérimenter les sensations d’un sevrage. Et pourtant, c’est bel et bien ce que je vis. Depuis 3 jours, j’ai une sensation permanente de vertiges, de flou, de troubles légers de la vision. Comme si j’évoluais dans une masse cotonneuse. Ca pourrait presque être agréable si c’était plus ponctuel. Ces vertiges ne durent qu’une fraction de seconde mais leur répétition tout au long de la journée sont un peu pénibles à la longue.

Ceci étant, rien qui ne me donne envie de reprendre ce traitement. Je me sens bien, ces effets secondaires du sevrage sont incommodants mais pas insurmontables.

Ma principale erreur a été d’arrêter brutalement. Vu la dose que je prenais (5 mg/jour de Seroplex pour le nommer) et la durée du traitement (3 mois), je ne pensais pas être concernée par un arrêt progressif. Je suis assez tentée d’aller consulter mon médecin pour trouver une parade à ces symptômes de sevrage, mais je n’ai pas très envie de remplacer un produit par un autre.

J’ai donc la ferme intention de tenir le coup, tant que psychologiquement tout se passe bien. D’après la notice de l’AD, cela devrait durer 2 semaines grand maximum.

Si certain(e)s lecteurs(trices) ont connu un sevrage de ce type, je suis preneuse de vos impressions sur la durée et l’intensité des symptômes. S’ils s’estompent progressivement ou brutalement par exemple.

En attendant, je savoure – par moment – cet état vaseux. Et je goûte aux joies de planer. Qui a dit que les médicaments n’étaient pas des drogues…

Le cas des AD

AD pour anti-dépresseurs. Un tout petit comprimé blanc qui me faisait si peur. D’emblée, quand la sage-femme a évoqué la piste de la DPP et les traitements possibles, elle m’a parlé d’AD. J’ai un peu paniqué à l’idée de soumettre mon cerveau à leur action.

J’avais peur de me retrouver stone, de délirer, de ne plus être moi-même, de ne plus pouvoir me concentrer, que ça se voit de l’extérieur. Je m’imaginais déjà dormir à moitié la journée et être éveillé tel un hibou la nuit. Je craignais de devenir accroc, de tomber dans une spirale infernale, de ne plus pouvoir en décrocher. Bref, je voyais ça comme une drogue. Je savais bien qu’il existait des doses faibles, mais malgré tout, c’est à tout cela que j’ai immédiatement pensé au moment même où elle a prononcé le mot.

J’avais déjà énormément de mal à réaliser qu’on me parlait de dépression, alors assumer les AD, c’était hors de ma portée. Et puis de fil en aiguille, je suis arrivée à la pharmacie avec ma prescription. Je n’ai même pas osé regarder la pharmacienne dans les yeux tellement j’avais honte. Je me prenais mon échec en pleine face. J’ai tout fait pour paraître la plus naturelle et enjouée possible. J’ai tout de même osé poser deux trois questions sur la posologie. Elle a dû bien sentir mes inquiétudes puisqu’elle a terminé par une toute petite phrase à peine audible qui m’a aussitôt rassurée : « ne vous inquiétez pas, vous avez une dose très faible ».

Les jours qui ont suivi, j’ai guetté les effets secondaires. Moi qui dormait plutôt bien, mis à part la phase pour trouver le sommeil, je me suis coltinée des nuits agitées comme jamais. A tourner, me retourner en permanence, la tête pleine de rêves bizarres. A me réveiller les paupières lourdes, plus fatiguée que la veille au soir. Ca n’a duré qu’une semaine. Ensuite j’ai retrouvé mon sommeil habituel. Et surtout le vélo a arrêté de tournicoter dans ma tête. Au coucher, je peux enfin repenser à ma journée, à mes questions, sans que cela devienne un tourbillon sans fin qui m’emmène bien loin du sommeil.

Côté journée, on peut dire aussi que l’effet est positif. Mon humeur s’est apaisée. Plus de montagnes russes, plus de colères subites, plus d’explosion pour des détails. Je pouvais enfin parler de tout ça sans cris, de manière constructive. Je me retrouvais enfin.

Mes craintes se sont avérés infondées. Je suis moi, en plus apaisée. Bien sûr, il m’arrive encore de m’énerver. Mais la colère est moins irrationnelle, je sens que je peux la maîtriser. J’ai retrouvé la maîtrise de moi. Et ça, ça fait un bien fou au moral. Je ne me sens plus perdre le contrôle, comme si je m’échappais de mon propre corps, telle une furie.

Je ne regrette pas d’avoir tenté les AD, malgré mes craintes. Bien sûr, je redoute encore l’arrêt. Je me demande ce que ça va donner. Suis-je prête ? Je me sens aller mieux, alors, quand arrêter exactement ? Bref, autant de choses à aborder avec ma nouvelle amie, j’ai nommé ma psy.