Lecture salvatrice

Parmi mes lectures de vacances, je suis tombée sur un article très intéressant dans BIBA. J’aurais beaucoup aimé le lire alors que j’étais encore enceinte. Je trouve les mots particulièrement bien choisis. La journaliste y fait également référence à un bouquin, qui me semble très bien fait. C’est le genre de lecture qui m’aurait beaucoup aidé à appréhender la suite de manière concrète et, qui sait, peut être éviter cette dépression.

Toujours est-il que, même si tout ça est derrière moi et si je suis beaucoup plus sûre de moi aujourd’hui, je pense me le procurer et le lire (enfin, si je trouve le temps…). A 10€, je ne prends pas beaucoup de risques.

Je ne me permettrais pas de vous le conseiller sans l’avoir lu, mais je pense qu’il peut faire partie de ces lectures salvatrices. Wait and see…

Edit : à peine l’article rédigé et publié, je me suis procuré ledit livre. Du peu que j’ai lu, j’aime beaucoup. C’est précis, concis et concret. Et surtout c’est droit au but. Sous forme de petit paragraphe pour chaque thème et accompagné de témoignages courts. Ce que je trouve bien, c’est le style sans détour. Ce que j’aime moins, c’est justement que c’est court. J’aurais aimé que certains thèmes soient davantage évoqués. Mais bon, c’est un détail. Donc, je recommande chaudement ce petit livre.

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Plouf, dans le grand bain

Le nirvana c’est sympa, mais quand on peut dormir ET respirer, c’est encore mieux ! Vous l’aurez compris, sur la fin, j’avais hâte d’accoucher. J’étais fière de ma hauteur utérine, fière de mon ventre de baleine, mais j’avais un sacré souci, je devais choisir entre dormir et respirer. Choix cornélien pour moi qui suis une véritable marmotte.

J’ai quand même fini par choisir ce qui m’était vital et j’ai donc cherché à favoriser la venue de mon petit habitant. J’ai très vite renoncé à la méthode italienne, faut pas déconner, quand on a besoin d’une grue pour ce genre de choses, ça casse un peu l’ambiance !!

J’ai opté pour la balade. Un soir de fortes chaleur, on est sorti faire un tour. Une marche de 20 minutes, jusqu’à notre bar favori. Un Perrier pour moi, une bière pour lui, une demi-heure pour souffler, papoter avec notre barman d’ami et on est reparti.

Hasard ou pas, 3h plus tard, à 3h du matin, j’ai fait plouf dans ma salle de bain. Et 11h plus tard, j’ai fait gnnniii dans une salle de naissance. Un jour je raconterai peut être mon accouchement plus en détail, mais pour résumer, j’ai eu l’impression d’être en cours de préparation à l’accouchement tellement ça collait à ce que la sage-femme nous a présenté. Plouf à 3h, une douche à 3h30, à la maternité à 4h avec début des contractions, puis crescendo jusqu’à 9h, péridurale, dilatation, 2h de descente dans mon bassin, 1/2h de poussée et voilà. J’ai eu mal, j’ai géré avec la respiration, j’ai kiffé la péridurale, je n’ai plus eu mal, j’ai dormi (oui oui !), j’ai poussé et basta. c’était torché en 11h de temps.

Quand on a posé J. sur mon ventre, il était un peu bleu, gluant, fripé. Je n’ai pas mémorisé d’odeurs, juste une image. Il a peu crié, très vite on l’a emmené pour dégager ses voies respiratoires, ce petit goulu ayant avalé du liquide. Durant ces quelques secondes de tête à tête, je l’ai regardé, dans les yeux, tout juste le temps d’imprimer cette image, et puis il est parti.

Comment avoir le temps en quelques secondes de réaliser qu’il était là, enfin, comment avoir le temps de se laisser submerger, comment avoir le temps de pleurer ? Le temps est resté en suspens et moi je suis restée bloquée au stade de l’incrédulité. Encore et toujours.

J’ai ouvert une librairie à domicile

Mon fils a dû comprendre que je n’étais pas doué pour percevoir ces petits effleurements internes, donc il est rapidement passé aux vrais coups. Dans les côtes, sur la vessie, sur l’estomac, bref sur tout ce qui était à sa portée là-dedans. Mais ça ne m’a pas empêché d’avoir un second trimestre plutôt tranquille, la bedaine ni trop petite ni trop grosse, un bébé en pleine forme, une future maman avec la pêche, c’était comme dans les livres et ça me rassurait.

Seule ombre au tableau, ces mouvements me faisaient sourire, rire, mais j’étais loin de l’émerveillement, des yeux brillants d’émotion. Oui je passais de longues minutes le soir sur mon canapé devant la télé, les deux mains sur mon ventre, à le guetter, mais là encore, point de coeur gonflé d’amour, juste de l’incrédulité. J’ai coupé court à mes doutes en me disant que j’y viendrai petit à petit et que de toute façon, à la naissance, je n’y couperai pas, je verserai ma larme, point barre !

Au fil des semaines, on a préparé ses affaires, la chambre, les vêtements, le matériel, acheté, emprunté, donné, on était prêt. Moi j’accumulais les bouquins, les conseils des copines, des proches, comme un patchwork de modes d’emploi, persuadée d’avoir toutes les billes pour être une mère parfaite. Tout en me répétant bien sûr que la mère parfaite n’existe pas et que nous ferions ce que nous pourrions. Belle contradiction qui illustre toute l’ambiguïté de ma personnalité. Je m’étais fait la promesse de ne pas vouloir être parfaite, j’essayais de m’auto-convaincre, tout en faisant exactement le contraire en réalité.

Le dernier trimestre a été la continuité du second. Je suis devenue baleine, mais j’étais épanouie. Tout le monde était aux petits soins pour moi, les compliments fusaient, la grossesse m’allait super bien parait-il. A croire qu’avant, j’étais moche ! Je dois reconnaître que, moi qui n’aimait pas mon corps avant la grossesse, là je l’adulais. Et plus précisément mon ventre. D’ordinaire, je le trouvais mou, flasque, bedonnant, loin de mon idéal de fermeté et de platitude. Là, il était lisse, la peau bien tendue, gros certes, mais pour la bonne cause. La grossesse a effacé cet attribut que je détestais chez moi. Il n’en fallait pas plus pour que je fasse la paix avec mon corps et que je finisse par apprécier mon reflet dans le miroir. J’avais une bonne raison d’avoir ces kilos en plus, la culpabilité n’avait donc plus sa place. Ca y est, je touchais du doigt le nirvana, j’étais en paix avec mon corps.

 

Ma grossesse, mon nirvana

Je crois que quand je disais à mon homme que je voulais un bébé, je me trompais. En fait, ce que je voulais, c’est être enceinte. Mais ça, je ne l’ai compris que bien après la naissance de notre fils.

Je voulais à tout prix être enceinte, j’avais une trouille bleue de ne jamais connaître cette expérience. A tel point que, même avant d’avoir jeté ma dernière plaquette vide, je pensais déjà à l’angoisse d’apprendre que quelque chose clochait chez nous côté fertilité.

Il faut dire que nous avions connaissance de quelques couples d’amis qui avaient des difficultés. Je lisais aussi déjà des blogs sur le thème de la PMA. D’une part, je voulais comprendre ce que nos amis traversaient et d’autre part, cette peur sourde restait tellement ancrée en moi que c’était une nécessité de me renseigner. Comme si savoir allait éloigner ce spectre.

Pourtant, en y regardant de plus près, 80% de nos amis ont conçu leur bébé en C1 ou C2, allez C3 grand maximum. On a beau se dire que « ça viendra quand ça viendra », ça me foutait la pression bordel !

Finalement, rien de tout cela ne s’est produit, un petit oeuf s’est niché ni trop tôt ni trop tard et à priori sans encombre. Nous étions les escargots du groupe, mais je m’en foutais royalement. Point de départ de 9 mois de rêvasseries.

D’abord, 3 mois d’attente jusqu’à la première écho. J’étais fébrile, fiévreuse, compulsant les forums, traquant les symptômes que je n’avais pas (oui pourquoi profiter de 3 mois sans nausées, sans douleur au ventre quand on peut se pourrir le cerveau ?!). Et surtout, 3 mois de peur, peur complètement irrationnelle de découvrir à l’écho soit un oeuf clair, soit un coeur arrêté. Pourquoi cette peur ? Je ne sais pas vraiment. Cela représente pour moi l’une des épreuves les plus brutales de la grossesse. Se projeter pendant 3 mois et découvrir subitement que non, tout s’arrête là. J’étais plutôt préparée à découvrir du sang mais, ça!, comment s’y préparer ?

Là encore, rien de tout cela ne s’est produit, nous avons découvert ébahis sous nos yeux des bras, des jambes, une tête, un corps, un clignotement, ce bruit de galop, une clarté nucale parfaite, tout ce qu’il faut là il faut. Nous étions incrédules, surtout que ce petit être bougeait ! Summum de la surprise pour nous. Moi l’émotive, je n’ai pas versé une larme, je riais sans vraiment réaliser que ce bébé-là était au creux de moi, sous ma peau qui se soulevait à chaque rire et faisait tressauter la sonde.

Désormais, plus de peurs irrationnelles, certes des inquiétudes, des craintes, des doutes, mais rien qui ne me dépasse totalement. Et moi quand j’ai le contrôle, je suis au nirvana !

 

 

 

DPP j’écris ton nom

C’est la première catégorie qui s’est imposée, d’elle même, comme une évidence. Car c’est finalement ma raison première d’écrire ici. J’ai encore du mal à l’admettre, mais j’ai besoin d’en parler pour exorciser, pour la tenir éloignée de moi. Elle me colle à la peau, me laisse un arrière goût amer dans la bouche, comme un mauvais rêve qu’on aurait du mal à oublier. A côté de ça, je sais que c’est aussi une expérience qui m’aura construite, renforcée, mais à quel prix ?

DPP, donc, pour Dépression du Post-Partum. Elle est arrivée sournoisement, en léger décalage par rapport à ce qui est observé généralement en la matière, me faisant douter de ma souffrance.

Pourtant, tout avait bien démarré, une grossesse sans nuage, un accouchement comme dans les livres, un bébé en pleine forme. Pas l’ombre d’un baby blues, un papa présent, bref, j’aurais dû être la plus heureuse.

Vous voyez la suite arriver, non je n’ai pas été la plus heureuse. Enfin si ! Mais non, pas tant que ça… Tout est là, dans cette phrase, l’ambivalence des sentiments, la culpabilité qui s’insinue, qui prend toute la place.

Le sujet est tellement vaste que je ne peux pas tout dire en quelques lignes. Cette DPP a laissé des traces, j’aurai tout le loisir de vous en parler, mais aujourd’hui, je vais mieux. Elle a été l’occasion d’une introspection riche d’enseignements. En ce sens, on peut dire qu’elle a été bénéfique.

Encore un blog de maman…

J’ai longuement hésité avant d’ouvrir ce blog. Des blogs de maman, il en existe des dizaines, des centaines, peut-être déjà trop.

Alors pourquoi un de plus ? Probablement juste pour moi. Une sorte de thérapie pour chasser ces fichus regrets qui hantent mes pensées, pour jeter dans le néant d’internet mes états d’âme, comme pour me débarrasser de ce bagage devenu trop encombrant. Maman depuis 8 mois et des poussières et déjà des regrets, je ne l’aurais jamais crû il y a encore peu.

Et puis sûrement aussi pour toucher et déculpabiliser d’autres mamans et d’autres papas, pour qui le chemin vers la parentalité est source d’un questionnement sans fin.

Ma tête fourmille de choses, d’idées, de questions, comme un tourbillon, un petit vélo qui tourne, tourne. En les partageant avec vous, j’espère en sortir enrichie, grandie,

Pour finir ce premier article, pourquoi avoir choisi le nom de Chamboule TouS ? Parce que l’arrivée de mon fils adoré, je l’ai vécu comme ce fameux jeu du chamboule tout. Ma vie s’apparentait alors à ce fragile équilibre de boîtes, chacune contenant un pan de ma vie, de ma personnalité. Et un beau jour de juillet 2013, cet équilibre a été balayé par son arrivée, fracassante, tonitruante, après une grossesse vécue comme un rêve, dans un état d’épanouissement proche du nirvana.

Tout a été chamboulé, moi, ma vie, ma relation aux autres, à mon homme, mes parents, mes amis. TouS mes repères ont été brouillés, je me suis perdue en route.

Tout a été rasé, tout est à construire. Et malgré l’ampleur de la tâche, ce premier jour du reste de ma vie, je ne l’effacerai pour rien au monde.

Je vous souhaite une bonne lecture ici, en espérant que vous y sentiez une âme bienveillante, des bras chaleureux, comme ceux d’une maman.

Heureux hasard (ou pas?) de la vie, ce blog voit le jour à la date anniversaire de ma maman. Une si jolie coïncidence.