Dans l’enfer de la nuit

Comme promis, un petit descriptif de la façon dont on gère les réveils nocturnes de la prunelle de nos yeux (qui, à une heure tardive de la nuit, ne bénéficie plus vraiment de ce doux surnom !!). Non pas que je considère que l’on détienne la bonne manière de faire. Mais cela peut servir à d’autres. Parce qu’on ne trouve la solution qu’en essayant, si tant est qu’il y ait une solution. Je crois surtout que l’on fait ce qu’on peut, comme on peut.

L’avantage, chez nous, c’est qu’on ne partait pas avec des idées pré-conçues. On avait pas spécialement de grands principes – on laisse ou pas pleurer. J. a fait rapidement ses nuits (23h-7h à 7 semaines il me semble) donc on a pas vraiment souffert de grande fatigue. Et comme il a toujours été nourri au biberon, nous n’avons pas eu de sevrage à gérer, on a pu se relayer etc… Voilà le contexte posé.

Pendant plusieurs mois donc, nous avons bien dormi. Et puis nous avons vécu nos premières vacances. Premier chamboulement, premières nuits dans une chambre autre que la sienne, premier retour à la maison etc…  Et là, c’est le drame. Un J. qui hurle en pleine nuit, qui refuse de se rendormir ailleurs que dans nos bras, etc…

Alors, concrètement, ça a donné qu’on a beaucoup tâtonné. Il faut bien avouer qu’on a eu du mal à identifier une ligne de conduite à tenir. Ca partait clairement dans tous les sens. Un coup, en 2 minutes, J. était entre nous deux, ou bien l’un de nous finissait sur le canapé, parce qu’on avait absolument pas l’énergie de câliner pendant 2h en pleine nuit, sans aucune certitude que J. se rendorme, le coup suivant, on bataillait pendant des heures.

Finalement, après 3 épisodes identiques (soit 3 retours de vacances – une mécanique implacable cet enfant), voilà ce que l’on fait :

– en général, la première nuit, ça se passe bien, on a le droit de se remettre de nos vacances.

– la seconde, on a droit à un coucher bien cahotique, on doit souvent remonter plusieurs fois, câliner, parler, rassurer. Comme ce sont les premières nuits, on prend le temps de le rassurer au maximum, on monte dès qu’il pleure. Normalement, on dort plutôt bien ensuite. Si réveil nocturne il y a, pareil, câlin à gogo voir dodo dans notre lit.

– la troisième nuit, c’est la nuit de répit avant l’enfer. Souvent on a droit à un lever très matinal tout de même

– la quatrième nuit donc, c’est l’horreur. Coucher compliqué, nuit compliquée, souvent on s’énerve un peu. Quand le coucher est difficile, on refait le rituel une fois (chez nous, le rituel, c’est une petite histoire, deux-trois chansonnettes, le bonne nuit et zou dans le lit), puis on ne sort plus J. de son lit. On monte deux à trois fois max, on lui parle, on le rassure, mais interdiction de le sortir du lit. Ensuite on le laisse pleurer. D’abord 5, puis 10 puis 15 minutes. A chaque fois, on remonte, on rassure et on repart. Après, on laisse pleurer. En mai, il nous a gratifié de 1h15 de pleurs non stop. On ne pouvait rien faire que le laisser évacuer. En juin, ça n’a duré que 3/4 d’heure. Et fin août, 15 minutes. Pareil en pleine nuit, si réveil, on va voir, on rassure, mais J. reste dans son lit. On lui explique, calmement, mais on reste ferme.

– la cinquième nuit, c’est la joie, le bonheur, la félicité, il dort comme un bébé.

Les nuits d’après, il peut y avoir des « rechutes » mais normalement, J. a repris son rythme. Il est de nouveau capable de se rendormir seul.

Voilà, je le redis, je ne prétends pas détenir LA bonne façon de faire. Nous savons qu’après plusieurs nuits ailleurs que chez lui (et bien souvent, dans la même pièce que nous), J. a besoin de sa semaine pour retrouver ses repères. Le savoir, c’est déjà bien. On sait à quoi s’attendre, on anticipe ses réactions et on est plus serein.

Et vous, vous gérez comment ?

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Craquage

Ce mercredi a été une journée noire. La semaine de reprise est rude pour J. On le sait, c’est systématique après chaque période de congés durant lesquelles nous partons de la maison, voir nous le faisons garder.

On le savait, mais cela n’empêche pas de craquer. C’est un fait, je ne suis pas encore blindée contre les hurlements de mon fils. La bonne nouvelle, c’est que j’arrive à mieux gérer ma nervosité. Je ne me laisse plus submerger.

Mercredi après midi a été l’exception. Mais une exception constructive. L’accumulation de fatigue de la reprise + ses nuits hâchées, l’exaspération face aux pleurs dont J. me gratifie depuis deux semaines, un cocktail explosif.

Il faut dire que je suis dans un état de nervosité extrême depuis une bonne semaine et demi. J. est ultra-collant et chouineur. Angoisses après l’avoir laissé 5 jours pour partir en vacances ? Conscience d’avoir sa maman pour lui 24h/24 ? Je ne sais pas. Mais concrètement, je ne peux pas faire un pas dans la maison loin de lui, sans qu’il ne chouine. Cela vaut aussi pour la nuit. Avec à la clé des hurlements pour venir dans mon lit. J’ai résisté et j »en suis fière (cela me fait penser qu’un petit article sur la façon dont nous gérons les réveils nocturnes pourrait être instructif).

A cela s’ajoute l’apprentissage de la frustration : ne pas toucher certains objets à ma demande, ne pas être sans cesse dans mes bras etc…

C’est comme ça que nous nous retrouvons avec un J. plutôt épuisé dès sa reprise chez la nounou. Et avec des nuits très chaotiques depuis lundi. Le schéma classique : première nuit complète, deuxième nuit avec le trio réveil/impossible de le poser dans son lit sans qu’il hurle/parents qui craquent et qui le prennent dans leur lit, troisième nuit complète mais avec un réveil très matinal et finalement la quatrième nuit où nous prenons la décision de le laisser pleurer.

Mercredi étant la journée noire dans ce schéma, le moment de la sieste a été l’apothéose. Un bébé épuisé. Une maman à bout et nerveuse. Ca ne pouvait rien donner de bon. J’ai donc câliné un peu, parlé un peu, crié beaucoup (surtout dans un coussin d’ailleurs), pleuré de rage et d’impuissance face à ces hurlements que j’arrive pas à apaiser. J’ai face à moi un bébé qui est épuisé, se frotte les yeux, se tort, baille à n’en plus finir, s’énerve. Un cercle vicieux infernal. Duquel je ne parviens pas à le faire sortir.

Alors j’ai abandonné, j’ai évacué ma frustration et je l’ai laissé seul dans son lit.

Il y a quelques mois, cette situation m’aurait dévastée. Je me serai trouvée nulle, mauvaise mère. Désormais, j’analyse différemment. J’ai simplement fait ce que j’ai pu. J’ai conscience d’être dans un état de fatigue qui ne me permet pas de gérer sereinement ce genre de situation. Alors je fais au mieux. Avec ce que j’ai comme ressource en moi. Je sais que cela ira mieux dans quelques jours. Je re-la-ti-vise. La DPP m’aura au moins appris ça. Ne pas me fustiger pour avoir réagi si violemment. Réfléchir après coup à ce qui a été fait et dit, identifier ce qu’il serait bon d’éviter ou surtout accepter cette réaction extrême. Accepter de ne pas pouvoir garder son calme. Accepter d’avoir ses limites.

Rentrée cernée

Voilà, c’est la reprise. Les vacances sont finies, on a vidé la voiture et la poussette du sable accumulé, des miettes de gâteaux. Les tongs sont rangées, de toute façon on les a pas beaucoup sorti !

Boulot pour nous, nounou pour J. Une reprise parfaite si on oublie la nuit cauchemardesque qui a suivi cette première journée de rentrée. Sûrement une façon de nous faire comprendre, que, là, bon ça suffit de changer de chambre toutes les semaines. C’est donc les paupières lourdes que j’ai posé mes fesses sur ma chaise ce matin.

C’était chouette quand même ces vacances. C’était sport, c’était crevant, parfois éreintant même, mais c’était chouette. Le voir grandir sous mes yeux, faire un nouveau geste, voir sa bouille changée, je ne m’en lasse pas.

La nouveauté de l’été, c’est ce petit garçon qui commence à s’affirmer. Qui râle, qui se met en colère, qui ne veut plus lâcher sa mère (qui ose se barrer 5 jours loin de lui, quelle infamie !). J’ai découvert une sangsue, un pot de colle (de la glu sûrement). Je me suis sentie dévorée, phagocytée, tellement il s’est accroché à moi. J’ai beaucoup crié, d’énervement, de lassitude, de fatigue (mes bras se souviennent bien de ses 10 kg et quelques) et d’incompréhension. J’ai eu l’impression de ne pas arriver à le rassurer. Et lui prouver qu’il peut rester sereinement loin de moi quelques minutes. J’ai beaucoup câliné, de jour, de nuit, en souriant, en pleurant. 

Bref c’était intense comme vacances. Espérons que cette semaine de rentrée soit un poil plus calme, ça fera des vacances à mes oreilles, elles réclament tant le silence.