A mon fils

Je n’ai jamais fait partie de ceux qui pensent « qu’il ne faut pas faire d’enfant, quand on voit le monde dans lequel on vit, à quoi bon… »

Et pourtant la semaine dernière, j’ai regardé mon fils et je me suis demandée quel monde on allait laisser à nos enfants. Un monde violent physiquement et verbalement, autocentré, une planète polluée et à l’agonie. Pour la première fois, je me suis dit que peut-être ce n’était pas la meilleure chose à faire que de l’avoir mis au monde, de l’avoir mis dans CE monde. Je me suis sentie un peu coupable, beaucoup chamboulée, mise au pied du mur. T’as fait un gosse, regarde dans quelle merde tu l’envoies. Aujourd’hui on assassine le voisin pour une idée que l’on approuve pas, qui sait ce que demain on fera. J’emploie volontairement le ON. Parce que, même si ce n’est pas moi qui ait appuyée sur la gâchette, cet acte odieux m’a renvoyée à mes propres intolérances, à mes propres clichés. Sans commune mesure avec du terrorisme bien sûr, mais à mon échelle, il s’agit quand même de violence. J’ai subi un déclic. Ce qui me semblait acquis ne l’est pas tant que ça. Et c’est aussi à moi de faire en sorte de l’entretenir.

Et puis, j’ai vu ces foules, ces messages. Ça fait chaud au cœur de voir les gens ensemble. Même si je suis convaincue que, passé une ou deux semaines, tout ça sera retombé comme un soufflé. Ça fait du bien de voir que cet acte a ouvert une brèche en chacun de nous. Qu’il nous fait réaliser à quel point la liberté (d’expression, de mouvement) est à chérir et à défendre.

Ces derniers temps, beaucoup de sujets ont mis à mal la liberté de chacun je trouve. Que ce soit les débats sur l’avortement, sur la PMA, la GPA, la fin de vie, la religion, la laïcité. Je trouve que beaucoup de gens ont manifesté, non pas pour défendre leurs droits, mais pour restreindre ceux des autres. La semaine dernière, au moins, nous avons défendu un droit fondamental et universel. Personne n’était là pour les droits des autres et non les siens.

Depuis quelques jours, je réfléchis beaucoup à ce que je veux transmettre à mon fils. Quelles valeurs. Et surtout comment. Je passe au crible mon comportement, mes pensées, mes réflexions. Pour tenter de transmettre à mon fils la tolérance, le respect des différences, le goût de réfléchir, l’esprit critique. Et pour tenter aussi de me bonifier moi.

Cet article est bien décousu au final, mais il illustre le tourbillon de pensées qui m’anime en ce moment. En vrac, de la colère, de la tristesse, de l’incompréhension, de la peur, de la rage. Mais aussi l’envie d’apporter ma pierre à l’édifice pour que nos enfants prennent un autre chemin que celui-ci.

A toi mon fils, je te promets que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour t’apprendre la tolérance, le respect, le respect de toi-même et des autres, le respect des libertés. Je te promets d’essayer fort, très fort, tant que mon cœur battra, jusqu’à mon dernier souffle.

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and welcome 2015 !

Nous y voilà, 2015 est là. Je vous souhaite une excellente nouvelle année, que la vie vous soit douce.

De notre côté, je n’aurais pas cru cela possible mais nous avons attaqué 2015 avec deux enterrements. Le 2 janvier ! Voilà. Encore de la tristesse. J’ai l’impression que ça n’en finira jamais ! Même si ce coup-ci, cela rentre dans l’ordre des choses puisque il s’agit de gens âgés. Mais tout de même… On va dire que 2014 nous faisait son dernier coucou…

Les vacances ont été bonnes donc (si on met de côté le 2 janvier). Bénéfiques même. Et parfois usantes aussi. Nous avons quelques jours rien que tous les 3, sans famille, juste nous, les amis, notre rythme. Que ce fut bon ces moments rien qu’à nous. Je nous souhaite de retrouver cette zénitude tout au long de cette année. Cela ressemble à une résolution, moi qui suis si prompte à ne pas les tenir.

Puisqu’on en parle, en voici quelques unes, en vrac… A quoi bon les classer, de toute façon, elles ne verront pas février !

– relativiser, me zénifier : je m’améliore déjà un peu mais il reste du chemin encore… peut être la seule résolution que je tiendrai, étant donné que finalement ce sont les épreuves de ces derniers temps qui m’y pousse presque malgré moi

– être bienveillante : avec moi, avec mon corps, avec mon homme, avec mon fils. De la douceur que diable !

– corollaire de la bienveillance, s’écouter : suivre ses intuitions, être attentive aux petits signaux.

– parler, dialoguer, s’exprimer : moi la grande boudeuse, je m’améliore sacrément et je dois reconnaître que cela évite bien des disputes. Oh bien sûr, elles existent toujours mais se font bien rares désormais. A poursuivre.

Et pis, c’est tout. Rien sur le sport, la nourriture, le sommeil. Parce que, après tout, s’écouter et être bienveillante avec soi-même, ça englobe tout le reste. Etre en phase avec moi-même, voilà mon seul mantra de 2015.

Good bye 2014…

Je ne suis pas mécontente de laisser filer 2014. Je crois que cette année a été l’année la plus riche émotionnellement de toute ma vie. Je pèse mes mots. Il y a des années très heureuses, celle de la préparation de notre mariage, celle de la naissance de notre fils. Des années plus dures, avec des décès de très proches.  Mais globalement, chaque année avait son évènement et ça s’arrêtait là.

2014 aura été une série d’épreuves, de remises en questions, de doutes, de questionnements, de découvertes. J’ai été poussée dans mes retranchements comme je ne l’ai jamais été.

Petit récapitulatif :

– février : diagnostic de la DPP. Je pose un mot sur mon mal-être, je vais pouvoir avancer. La pilule est amère, les regrets déjà là, mais je dois avancer.

– mars : je rencontre la psy. Je ne serai pas assidue mais ces deux rendez vous auront le mérite d’ouvrir les vannes du dialogue. J’en parle. A mon homme, à mes amies.

– avril : j’ouvre le blog. Et je continue à parler, à me libérer. Le début de plusieurs mois d’introspection, de réflexion. Des mois au cours desquels j’apprends à m’observer, à mieux me comprendre et surtout à mieux m’accepter.

– juillet : mon fils fête ses un an. Je réalise les mois écoulés, je suis fière de lui, fière de moi, fière du chemin parcouru. Sans arriver à oublier les regrets des premiers mois tumultueux.

– septembre : le diagnostic tombe, mes deux parents sont malades. Deux maladies bien distinctes. Mais dans les deux cas, c’est d’une brutalité inouïe. J’accuse le coup.

– novembre : je suis celle qui s’occupe de beaucoup de monde. Sauf de moi. Je finis sur les rotules. Mais j’assume. C’est la vie, je n’ai pas le choix. Ces difficultés m’ouvrent les yeux sur la nécessité absolue de profiter de la vie. Banalité certes, mais terriblement vrai dans ces moments là.

– décembre : action….réaction ! Je dessine mon tatouage, je prends rendez-vous, j’assume la montagne de boulot qui m’incombe, je ne me mets plus la pression, je fais le dos rond et j’attends des jours meilleurs tout en savourant les petits rien qui font du bien.

Good bye 2014… et surtout welcome 2015 !!

Couper le cordon à 32 ans

Ca y est, je crois, j’ai donné le coup de ciseaux salvateur ! La maladie de ma mère aura été le déclencheur de beaucoup d’émotions, beaucoup de réflexions, beaucoup de peurs mais aussi beaucoup de choses positives. J’ai parfois honte d’avoir eu besoin d’un évènement si douloureux, si négatif pour elle pour découvrir tant de choses positives sur moi.

Clairement, en deux mois, j’ai grandi, vieilli, mûri, appelons ça comme on veut, j’ai été propulsée vitesse grand V dans le monde sérieux des adultes. Moi qui cultive mon côté enfantin, il a bien fallu admettre que j’avais perdu un peu de mon innocence.

La peur immense et soudaine de perdre ma mère m’a poussé à avoir enfin un comportement d’adulte à adulte avec elle. Jusque là, je l’avais déjà évoqué ici, j’avais toujours le sentiment de rester une petite fille face à elle. Pour deux choses, d’une part son incapacité à s’abstenir de faire des remarques infantilisantes et d’autre part, mon incapacité totale à m’affranchir de ces remarques. Après tout, libre à elle de choisir ce mode de fonctionnement avec moi, mais je m’en voulais de ne pas arriver à laisser glisser tout ça sur moi.

Je crois que c’est désormais chose faite. J’ai dû m’occuper d’elle comme je pourrai m’occuper de mon fils (ou presque!) et cette situation a fait tomber tout un tas de barrières. Je n’ai plus peur. De dire mes opinions. De dire mes choix (il reste encore du chemin quand il s’agit de les défendre….). D’assumer mon caractère, ma personnalité, ce que je suis, qui je suis. Je n’ai plus peur de la décevoir. A travers l’épreuve de la maladie, j’ai compris qu’elle était humaine, ou plutôt je me le suis pris en pleine face… Humaine comme moi, avec ses qualités, ses défauts, son vécu, ses épreuves. Et qu’après tout, elle ne détenait pas la vérité absolue sur ce que je devais être et devais faire de ma vie. Ca m’a littéralement libérée. Je n’ai rien vu venir. Juste un matin, je me suis levée avec des envies et j’ai eu envie de les assumer. J’ai parlé, naturellement, les mots sont venus.

Et il n’y a même pas eu de conflits. Bien sûr, le contexte ne s’y prêtait pas. Mais quand même, j’ai savouré de pouvoir dire sans recevoir une désapprobation ferme. Il y a eu du désaccord, sûrement pas de la compréhension de sa part, mais il y a au moins eu de l’écoute, de l’ouverture.

Alors bien sûr, on ne change pas radicalement à 60 ans… Elle n’a pas non plus cherchée à comprendre, elle n’a pas fait preuve d’une tolérance sans borne. Mais ça me suffit. J’ai trouvé suffisamment d’ouverture pour avoir la place de m’épanouir. Depuis j’enchaîne les projets, les petits et gros plaisirs, je mène ma barque sans arrières pensées. Et surtout la culpabilité s’est envolée. Quel sentiment de légèreté !

Je profite de ce billet pour faire un point sur un projet qui me tient énormément à coeur. Mon premier tatouage. Les récents évènements ont bousculé le planning mais ils ont aussi fait mûrir ce projet. Rendez-vous pris pour le 26 mars prochain. J’enrage de cette si longue attente mais j’essaierai de la mettre à profit pour savourer l’accomplissement de ce projet. Et cerise sur le gâteau, j’ai mis un point d’honneur à l’informer de mon projet. Moi qui m’était résignée un temps à ne rien dire – ou plutôt qui n’avait pas trouvé le courage… Quitte à la mettre devant le fait accompli au détour d’une manche trop courte. A la faveur de ce sentiment de liberté si jouissif, je me suis jetée à l’eau. Les mains moites et la voix tremblante, faut pas déconner… Mais j’ai dit mon projet. Il y a eu désaccord, aucune volonté de comprendre pourquoi mais ma foi, encore une fois, ça me suffit.

Bien sûr, parfois, je ressens le contre-coup de tout ça. J’ai l’impression de ne pas l’intéresser. Mais à choisir, je préfère ça. Car, au moins, je me sens libre de vivre ma vie. Finalement, je détenais la solution en moi. Il aura fallu une atroce nouvelle pour que j’y parvienne. Encore un petit coup de culpabilité avant d’accéder au bonheur.

PS : je profite de ce billet difficile pour glisser le lien vers cet article. Je ne sais pas si je fais partie de ceux qui ont des parents toxiques, mais je me reconnais plutôt bien dans certaines situations. Cependant, il m’est encore difficile « d’accuser » de la sorte ma mère. J’aurai l’occasion d’en parler très bientôt.

En vrac

Cela fait un bon bout de temps que je ne suis pas venue écrire. Non pas que j’aie arrêté de me poser des questions, mais le temps me manque. La vie est venue me bousculer dans mon petit confort et me rappeler qu’on n’est jamais à l’abri de rien. J’en parlais ici, souvent, elle ne fait que nous effleurer, provoquant en nous un frisson d’horreur. Et parfois, c’est à nous que ça arrive.

Ces dernières semaines, j’ai grandi d’un coup. Je suis devenue celle qui s’occupe de ses parents. Après des années à être celle dont on s’occupe. Je me suis beaucoup préoccupée des autres et très peu de moi. C’est difficile d’inverser si soudainement les rôles.

Toujours est-il que cela a remis en question ma façon de voir les choses. Je n’ai pas basculé dans le « je me fous de tout », mais je relativise beaucoup plus. Y compris dans ma relation avec mon fils. Je vois certaines choses d’un oeil neuf. Effet pervers, j’ai tendance à devenir plus permissive et c’est souvent source de conflits avec son papa. Lui qui a si peur d’en faire un enfant capricieux. Je crois que c’est le centre de ses préoccupations en ce moment. J’ai une vision plus nuancée, j’essaie de mesurer mes interdits, j’essaie de me mettre à la place de mon fils. Ce n’est pas facile d’expliquer ma vision des choses, car cela me conduit à céder à mon fils là où son père ne le souhaite pas. Nous avons à nouveau nos marques à trouver en la matière. Avec l’expérience cette fois-ci. Je sais donc que cela se fera en bonne intelligence et non plus dans la douleur comme lors des premiers mois de vie de J.

Ces dernières semaines ont aussi été le moment où J. s’est décidé à galoper seul. Nos bras sont soulagés et nos yeux s’émerveillent de le voir grandir. Il devient petit garçon. Définitivement. Parfois j’ai envie de le ralentir. Cela me renvoie aux premiers mois douloureux, à ces moments ratés, si peu savourés. Je me surprends à lister ce que je souhaiterais faire pour un deuxième bébé. L’idée de cette seconde chance me rassure.

Bref, je suis de retour. Changée par la vie. Affaiblie mais plus forte. Avec une tonne de choses à mettre sur papier. En voyant le fouillis de ce billet, il va falloir que je mette de l’ordre dans tout ça.

Amnésie

Je me rends compte que mon discours de maman peut être sacrément effrayant. A tort d’ailleurs. Parce que à côté des moments indescriptiblement difficiles, il y a tout autant de moments indescriptiblement heureux. Le souci, c’est que j’ai été parfaitement sensibilisé au bonheur. Par contre, aux difficultés, beaucoup moins. Et quand on tombe haut, on a envie d’épargner ça à ses amies. Pourtant, on oublie tout ça. Au fur et à mesure. C’est bien foutu, le corps a programmé un effacement régulier. Pof, chaque mois, on oublie le pire, on ne retient que le meilleur. Une amnésie providentielle, qui permet d’avancer, mois après mois, épreuve après épreuve.

En vrac, donc, tout ce qui nous fait oublier à quel point élever et être responsable d’un autre être humain est le plus grand challenge qu’il nous est donner de vivre :

-se retourner sur une année passée, balayer les photos, voir ce petit bébé tout fripé devenir petit garçon, se rendre compte qu’on a rien vu venir et mesurer en même temps le chemin parcouru

– cette petite main qui se pose sur mon bras le soir avant de dormir, de plus en plus souvent, prémices et promesses de milliers de câlins

– ses éclats de rires, en pleine partie de chatouilles, qui m’envoie direct au 7ème ciel et me colle littéralement des papillons dans le ventre

– la fierté dans ses yeux à chaque nouvelle chose apprise, la fierté dans les miens de le voir évoluer si vite, trop vite, cette fierté qui balaye tous les doutes

– ses regards, inquiets, étonnés, rieurs, confiants, malicieux, qui nous font réaliser que son caractère se construit, sa personnalité se révèle, tout doucement, entre les lignes, tout en suspens

– la découverte d’une ressemblance avec un être cher, qui matérialise le lien familial, au delà des parents, qui nous propulse et nous inscrit dans une lignée, si soudainement que ça me file le vertige

J’ai l’impression que ce premier anniversaire correspond au moment où j’ai réalisé que l’on a formé une famille, un foyer, que l’on poursuit ce que nos parents, grands-parents, ancêtres ont débuté, que l’on s’inscrit définitivement dans la généalogie de nos familles.

Dans l’enfer de la nuit

Comme promis, un petit descriptif de la façon dont on gère les réveils nocturnes de la prunelle de nos yeux (qui, à une heure tardive de la nuit, ne bénéficie plus vraiment de ce doux surnom !!). Non pas que je considère que l’on détienne la bonne manière de faire. Mais cela peut servir à d’autres. Parce qu’on ne trouve la solution qu’en essayant, si tant est qu’il y ait une solution. Je crois surtout que l’on fait ce qu’on peut, comme on peut.

L’avantage, chez nous, c’est qu’on ne partait pas avec des idées pré-conçues. On avait pas spécialement de grands principes – on laisse ou pas pleurer. J. a fait rapidement ses nuits (23h-7h à 7 semaines il me semble) donc on a pas vraiment souffert de grande fatigue. Et comme il a toujours été nourri au biberon, nous n’avons pas eu de sevrage à gérer, on a pu se relayer etc… Voilà le contexte posé.

Pendant plusieurs mois donc, nous avons bien dormi. Et puis nous avons vécu nos premières vacances. Premier chamboulement, premières nuits dans une chambre autre que la sienne, premier retour à la maison etc…  Et là, c’est le drame. Un J. qui hurle en pleine nuit, qui refuse de se rendormir ailleurs que dans nos bras, etc…

Alors, concrètement, ça a donné qu’on a beaucoup tâtonné. Il faut bien avouer qu’on a eu du mal à identifier une ligne de conduite à tenir. Ca partait clairement dans tous les sens. Un coup, en 2 minutes, J. était entre nous deux, ou bien l’un de nous finissait sur le canapé, parce qu’on avait absolument pas l’énergie de câliner pendant 2h en pleine nuit, sans aucune certitude que J. se rendorme, le coup suivant, on bataillait pendant des heures.

Finalement, après 3 épisodes identiques (soit 3 retours de vacances – une mécanique implacable cet enfant), voilà ce que l’on fait :

– en général, la première nuit, ça se passe bien, on a le droit de se remettre de nos vacances.

– la seconde, on a droit à un coucher bien cahotique, on doit souvent remonter plusieurs fois, câliner, parler, rassurer. Comme ce sont les premières nuits, on prend le temps de le rassurer au maximum, on monte dès qu’il pleure. Normalement, on dort plutôt bien ensuite. Si réveil nocturne il y a, pareil, câlin à gogo voir dodo dans notre lit.

– la troisième nuit, c’est la nuit de répit avant l’enfer. Souvent on a droit à un lever très matinal tout de même

– la quatrième nuit donc, c’est l’horreur. Coucher compliqué, nuit compliquée, souvent on s’énerve un peu. Quand le coucher est difficile, on refait le rituel une fois (chez nous, le rituel, c’est une petite histoire, deux-trois chansonnettes, le bonne nuit et zou dans le lit), puis on ne sort plus J. de son lit. On monte deux à trois fois max, on lui parle, on le rassure, mais interdiction de le sortir du lit. Ensuite on le laisse pleurer. D’abord 5, puis 10 puis 15 minutes. A chaque fois, on remonte, on rassure et on repart. Après, on laisse pleurer. En mai, il nous a gratifié de 1h15 de pleurs non stop. On ne pouvait rien faire que le laisser évacuer. En juin, ça n’a duré que 3/4 d’heure. Et fin août, 15 minutes. Pareil en pleine nuit, si réveil, on va voir, on rassure, mais J. reste dans son lit. On lui explique, calmement, mais on reste ferme.

– la cinquième nuit, c’est la joie, le bonheur, la félicité, il dort comme un bébé.

Les nuits d’après, il peut y avoir des « rechutes » mais normalement, J. a repris son rythme. Il est de nouveau capable de se rendormir seul.

Voilà, je le redis, je ne prétends pas détenir LA bonne façon de faire. Nous savons qu’après plusieurs nuits ailleurs que chez lui (et bien souvent, dans la même pièce que nous), J. a besoin de sa semaine pour retrouver ses repères. Le savoir, c’est déjà bien. On sait à quoi s’attendre, on anticipe ses réactions et on est plus serein.

Et vous, vous gérez comment ?