Ca plane pour moi

En stoppant mon AD, je ne m’attendais pas à expérimenter les sensations d’un sevrage. Et pourtant, c’est bel et bien ce que je vis. Depuis 3 jours, j’ai une sensation permanente de vertiges, de flou, de troubles légers de la vision. Comme si j’évoluais dans une masse cotonneuse. Ca pourrait presque être agréable si c’était plus ponctuel. Ces vertiges ne durent qu’une fraction de seconde mais leur répétition tout au long de la journée sont un peu pénibles à la longue.

Ceci étant, rien qui ne me donne envie de reprendre ce traitement. Je me sens bien, ces effets secondaires du sevrage sont incommodants mais pas insurmontables.

Ma principale erreur a été d’arrêter brutalement. Vu la dose que je prenais (5 mg/jour de Seroplex pour le nommer) et la durée du traitement (3 mois), je ne pensais pas être concernée par un arrêt progressif. Je suis assez tentée d’aller consulter mon médecin pour trouver une parade à ces symptômes de sevrage, mais je n’ai pas très envie de remplacer un produit par un autre.

J’ai donc la ferme intention de tenir le coup, tant que psychologiquement tout se passe bien. D’après la notice de l’AD, cela devrait durer 2 semaines grand maximum.

Si certain(e)s lecteurs(trices) ont connu un sevrage de ce type, je suis preneuse de vos impressions sur la durée et l’intensité des symptômes. S’ils s’estompent progressivement ou brutalement par exemple.

En attendant, je savoure – par moment – cet état vaseux. Et je goûte aux joies de planer. Qui a dit que les médicaments n’étaient pas des drogues…

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L’épuisement maternel

Au détour de mes lectures sur le net, j’ai découvert un nouveau blog. Il cause de l’épuisement maternel. Il est tenu par une maman qui en est passé par là. Je le trouve très bien construit, riche en informations et facile à lire.

Il traite d’un sujet qui touche de plus en plus de mamans. L’épuisement maternel est bien différent de la dépression du post-partum car il peut survenir à n’importe quel moment et pas seulement dans les mois qui suivent la naissance. Mais il peut aussi être un corollaire de la dépression, voir la précéder.

Bonne lecture

Sans filet et sans chute

Tout. Va. Bien. J’ose le dire, sans AD, tout va bien. Bien sûr, je manque de recul, mais ces quelques jours que j’appréhendais tant sont passés sans que je m’en aperçoive.

Il faut dire que la période est particulièrement propice. Ça tient en deux mots. Je re-dors. Eh oui, sans surprise, quand j’ai mon compte de sommeil, je suis beaucoup plus zen. Vous ajoutez des journées de boulot bien remplies, l’été, le soleil, les copains, les apéros, la perspective des vacances et ça donne un cocktail parfait pour gérer cette transition.

Je marche quand même sacrément sur des oeufs. J’ai l’impression de m’auto-surveiller. J’examine chaque geste, chaque réaction. C’est agaçant mais je m’attendais tellement à me vautrer (bah oui, pourquoi partir optimiste hein…) que limite je cherche la petite bête, le grain de sable qui va enrayer la machine.

Mais non, malgré tout, rien à signaler. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie si sereine. Que ça fait du bien. Que c’est bon, que c’est reposant de ne plus se sentir sur la brèche.

Et le deuxième effet kiss cool, c’est que ça me donne des ailes pour reprendre rdv avec une psy. J’ai définitivement abandonné l’idée de revenir voir la première. Impossible avec mon emploi du temps actuel. Alors je tourne cette première page et je compte bien en ouvrir très vite une nouvelle. Cette nouvelle ère ne sera pas estampillée dépression. Trop chargé en souvenir. Elle sera plutôt placée sous le signe de l’introspection. Démêler le passé pour comprendre le présent. Comprendre quelle mère je suis dorénavant.

Sans filet

J’ai avalé hier soir mon dernier comprimé blanc. Réelle volonté ou procrastination basique, je n’ai pas repris rdv avec la psy. Trop de contraintes, logistique compliquée, fausses excuses, peu importe, le constat est là : les prochains jours seront sans filet.

Et pourtant, je suis plutôt sereine. Les précédents tentatives ont été peu convaincantes, mais là, c’est différent. Je me sens mieux, je suis moins fatiguée (J. dort de nouveau bien la nuit), forcément, ça aide… L’été est bel et bien là, je me sens aussi légère que les jupes que je peux enfin ressortir. Les vacances approchent, tout est réuni pour que cette transition se fasse au mieux.

C’est sûrement ça qui me faisait défaut il y a quelques semaines. La motivation, l’envie de m’en passer, l’impression que « oui tout ira bien ». Avec cette base-là, plus solide, je pense mieux m’en sortir.

Je verrai ensuite si je reprends rdv. Car avec ou sans AD, continuer à parler me fera sûrement du bien. J’ai repéré un autre praticien à 50 mètres de chez moi. Une fois la logistique facilitée, plus d’excuse. En espérant que sa méthode me convienne bien. Plus j’y réfléchis, plus je sens que j’ai besoin de davantage d’échanges que ceux que j’avais avec la première psy. A suivre. Je prends mon temps.

A moins que d’ici là, je me sois lamentablement écrasée à nouveau, faute de filet.

Longueur d’onde

J’avais déjà évoqué ce sujet dans un précédent billet, nos différences en matière « d’éducation » m’effraient un peu. Par moment, j’ai l’impression que l’on ait sur deux longueurs d’onde totalement opposée. Ces différences s’avèrent être plutôt une complémentarité mais j’avais tellement en tête d’être en cohérence que cela me perturbe toujours un peu.

Il m’arrive de résister et d’argumenter uniquement parce que j’en ai besoin pour légitimer ma place de mère. Je suis pétrie de doutes, ça, on commence à le savoir. J’ai beaucoup de mal à me situer, à me fier à mon instinct. Je progresse nettement depuis la naissance de J. mais j’ai encore bien de la marge. Ceci dit, je sais pertinemment que je ne serai jamais cette mère archi-convaincue de ce qu’elle prône. Je serai toujours plus ou moins influençable. Il suffira d’un jour « sans », d’un jour de doute, de fatigue pour que je remette en question une partie de mes choix. Mais parfois, quand je choisis de suivre une voie, même si ce choix est fait du bout des lèvres, j’ai besoin de le défendre. Comme pour me prouver que j’ai fait le bon choix justement. Pour m’auto-persuader de son bien fondé. Pour légitimer mon choix de mère. Alors qu’au fond, ma décision est si fragile, mon choix si peu important à mes yeux. Finalement, ce n’est pas tant la nature du choix que le fait même d’avoir choisi qui compte.

Pourtant, il y a des sujets sur lesquels j’ai tendance à demeurer inflexible. Parce que je sais que j’ai raison. Et autant je suis très mauvaise pour défendre des choix peu assumés, autant je suis capable d’exploser de colère quand je sais que j’ai raison. Au point d’oublier qu’en face, j’ai une personne qui a aussi le droit de choisir une autre voie, quand bien même celle-ci est moins bonne à mes yeux. Dans ces cas là, je suis en colère contre moi-même de ne pas arriver à le convaincre. En colère contre lui de ne pas savoir lire dans mes yeux que, là, précisément là, j’ai besoin qu’il capitule, qu’il me suive, qu’il me fasse confiance.

A trop vouloir défendre mes idées, les assumées comme les plus fragiles, j’en deviens incapable de lui signifier ce qui compte réellement à mes yeux. Le problème, c’est que quand je défends davantage mon choix de mère que l’idée en elle-même, cela se fait au détriment de toutes les fois où je vais vouloir défendre mon vrai choix.

C’est dans ces batailles incessantes que naissent mes craintes. Ces argumentations sans fin me laissent sur un goût amer de fouillis, de désaccords. Elles créent des brèches dans lequel le doute s’engouffre. Elles me renvoient à la figure toutes ces différences que j’interprète comme des incohérences.

Mais finalement, est-ce si grave pour J. d’avoir face à lui deux façons de faire ? Sempiternelle question qui tourne dans ma tête. Où se trouve le bon dosage entre la répétition nécessaire à sa construction de repères et la diversité de comportement qui enrichira sa découverte de l’autre ? Parce que, après tout, la vie c’est ça. Des êtres différents, aux modes de vie différents, aux codes divers et variés. N’est-ce pas là la première façon d’éveiller notre fils à la diversité ? En voulant le meilleur pour lui, est-ce que je n’ai pas tendance à le priver de découvrir autre chose ? Ma conception du meilleur pour lui n’est sûrement pas la même que celle de son papa.

C’est à moi de savoir faire une place de choix à sa conception de père. A moi de prendre conscience que ma place de mère ne sera pas remise en question. A moi de prendre suffisamment confiance en moi et en nous pour faire collectivement les bons choix.

J’attends juste de lui qu’il me guide dans mes moments de doute, qu’il me rassure sur ma capacité à être une bonne mère, qu’il me fasse part de ses réflexions, qu’il sache écouter les miennes.

C’est à nous d’admettre que l’autre puisse faire différemment, mais tout aussi bien et tout aussi enrichissant pour J.

Travailler sur soi

Je me demande souvent jusqu’où on peut s’améliorer. Se bonifier avec le temps. Et dans quelle mesure on ne peut pas tant changer que ça. C’est bien connu, chasser le naturel, il revient au galop.

Je ne suis jamais très contente quand J. me demande d’être moins ceci, plus cela etc… J’ai toujours la désagréable impression qu’il ne m’aime plus pour ce que je suis vraiment. Qu’il faudrait que je change pour lui plaire à nouveau. Je sais au fond de moi que cette impression est fausse mais elle est bel et bien là et j’ai du mal à m’en défaire.

Pourtant, je sais que l’on peut toujours évoluer. Une relation est aussi faite pour s’enrichir des qualités de l’autre. L’amour que l’on porte à cette autre personne nous pousse à être meilleur, à donner le meilleur de nous-même. Je connais mes défauts, je sais que je suis perfectible, je sais même ce qu’il faudrait faire. Et puis, les années que l’on prend nous font mûrir, grandir. La parentalité nous fait changer aussi. Le socle reste le même mais le vernis évolue. Je serai toujours quelqu’un d’impulsif, quelqu’un qui doute, quelqu’un qui veut tout, mais je sais que je peux aussi être plus à l’écoute, être plus souple, être moins inflexible.

Mais, par moment, les jours « sans », je n’ai pas envie d’être meilleure, je n’ai pas envie d’être cette autre, j’ai juste envie qu’il m’aime telle quelle, sans changer un millimètre de ce que je suis. Parce que c’est de l’investissement de changer, ce sont des efforts. Que le quotidien est parfois éreintant et, ces jours-là, a déjà épuisé toutes mes ressources pour faire des efforts.

En ce moment, je suis dans une période « sans ». Je touche du doigt mes limites. Ma limite, c’est le sommeil. Les nuits hachées, les longs trajets à répétition, prendre soin de mes proches, je me sens lasse. Je suis fatiguée et je n’ai pas la capacité de faire ces efforts-là.

Plus tard, promis, je les ferai. Mais là, j’ai juste envie d’être dans un cocon de douceur, de tendresse. J’ai envie qu’on me murmure à l’oreille que « tout ira bien », que « ça va passer », que « l’été arrive, c’est ta saison préférée et que le soleil panse les plaies ».

Avec ou sans ?

A plusieurs reprises, je me suis trouvée sans AD pour quelques jours. A chaque fois, c’était une question de fin de boîte. J’oublie systématiquement d’anticiper l’achat de la prochaine boîte. Bilan : 2 à 3 jours sans.

Alors, ça donne quoi moi sans AD ? Ça donne que c’est pas terrible. Je ne sais pas si c’est une coïncidence ou pas, mais à chaque arrêt, J. a été dans un jour un peu grognon et je me suis montrée bien moins patiente à son égard qu’à mon habitude. Alors, certes, il y a les nuits entrecoupées en ce moment, beaucoup de trajet et donc de la fatigue, mais bon, je me demande finalement si je suis capable d’arrêter les AD.

Ce que je crois surtout, c’est que j’ai besoin de me retrouver. J’essaie tant bien que mal d’identifier d’où vient mon manque de patience. Déjà que je suis d’un naturel impulsif et impatient… Il faudrait que tout roule, vite, sans accroc. Dès que ça s’écarte du chemin que j’ai imaginé, ça me gonfle.

Je manque clairement de temps pour moi et ça me pèse de plus en plus. J’ai remarqué que je perds particulièrement patience quand le programme ne prend pas la direction que j’ai planifié dans ma tête. Quand ça ne va pas assez vite. Quand je perds du temps.

Je rêverai d’une journée toutes les deux semaines (on peut rêver non?) juste pour moi, pour bouquiner, dormir, rêvasser, juste ne plus penser à l’heure du repas, à l’heure de la sieste, regarder le temps s’étirer devant moi. C’est là que je réalise la chance qu’ont les couples qui ont leurs proches à proximité. Je réalise le bonheur que cela peut être de se dire qu’en cas de besoin, on peut profiter d’une après midi, d’un dimanche, d’une soirée, au pied levé. Je savais qu’on faisait partie de ces « malchanceux » de la géographie familiale avec des parents à plus de 700 km mais je ne mesurais pas à quel point ça me pèserait. Je pense que je tiens là ma difficulté. J’ai besoin d’être seule et de me ressourcer.

Je songe donc de plus en plus à me mettre en quête d’une baby sitter de confiance pour avoir la possibilité de succomber à ces moments de liberté. En attendant, j’ai en ligne de mire une semaine, fin juillet. Une semaine où ma belle-mère sera là et durant laquelle je compte bien lui déléguer un maximum de choses pour tenter de récupérer un peu.

Reste la question des AD. Et plus largement la question de ma gestion de mon temps. Je suis trop gourmande, à l’évidence. Je veux tout. M’occuper de mes J. M’occuper de moi. Bouquiner. Farfouiller internet. Dormir. Ne rien faire. Il va falloir que je fasse des choix. Et j’ai du mal à m’y résoudre. AD ou pas AD, je ne peux pas tout faire. Ce sera donc lire ou ranger les papiers. A votre avis, je choisis quoi ?…