Couper le cordon à 32 ans

Ca y est, je crois, j’ai donné le coup de ciseaux salvateur ! La maladie de ma mère aura été le déclencheur de beaucoup d’émotions, beaucoup de réflexions, beaucoup de peurs mais aussi beaucoup de choses positives. J’ai parfois honte d’avoir eu besoin d’un évènement si douloureux, si négatif pour elle pour découvrir tant de choses positives sur moi.

Clairement, en deux mois, j’ai grandi, vieilli, mûri, appelons ça comme on veut, j’ai été propulsée vitesse grand V dans le monde sérieux des adultes. Moi qui cultive mon côté enfantin, il a bien fallu admettre que j’avais perdu un peu de mon innocence.

La peur immense et soudaine de perdre ma mère m’a poussé à avoir enfin un comportement d’adulte à adulte avec elle. Jusque là, je l’avais déjà évoqué ici, j’avais toujours le sentiment de rester une petite fille face à elle. Pour deux choses, d’une part son incapacité à s’abstenir de faire des remarques infantilisantes et d’autre part, mon incapacité totale à m’affranchir de ces remarques. Après tout, libre à elle de choisir ce mode de fonctionnement avec moi, mais je m’en voulais de ne pas arriver à laisser glisser tout ça sur moi.

Je crois que c’est désormais chose faite. J’ai dû m’occuper d’elle comme je pourrai m’occuper de mon fils (ou presque!) et cette situation a fait tomber tout un tas de barrières. Je n’ai plus peur. De dire mes opinions. De dire mes choix (il reste encore du chemin quand il s’agit de les défendre….). D’assumer mon caractère, ma personnalité, ce que je suis, qui je suis. Je n’ai plus peur de la décevoir. A travers l’épreuve de la maladie, j’ai compris qu’elle était humaine, ou plutôt je me le suis pris en pleine face… Humaine comme moi, avec ses qualités, ses défauts, son vécu, ses épreuves. Et qu’après tout, elle ne détenait pas la vérité absolue sur ce que je devais être et devais faire de ma vie. Ca m’a littéralement libérée. Je n’ai rien vu venir. Juste un matin, je me suis levée avec des envies et j’ai eu envie de les assumer. J’ai parlé, naturellement, les mots sont venus.

Et il n’y a même pas eu de conflits. Bien sûr, le contexte ne s’y prêtait pas. Mais quand même, j’ai savouré de pouvoir dire sans recevoir une désapprobation ferme. Il y a eu du désaccord, sûrement pas de la compréhension de sa part, mais il y a au moins eu de l’écoute, de l’ouverture.

Alors bien sûr, on ne change pas radicalement à 60 ans… Elle n’a pas non plus cherchée à comprendre, elle n’a pas fait preuve d’une tolérance sans borne. Mais ça me suffit. J’ai trouvé suffisamment d’ouverture pour avoir la place de m’épanouir. Depuis j’enchaîne les projets, les petits et gros plaisirs, je mène ma barque sans arrières pensées. Et surtout la culpabilité s’est envolée. Quel sentiment de légèreté !

Je profite de ce billet pour faire un point sur un projet qui me tient énormément à coeur. Mon premier tatouage. Les récents évènements ont bousculé le planning mais ils ont aussi fait mûrir ce projet. Rendez-vous pris pour le 26 mars prochain. J’enrage de cette si longue attente mais j’essaierai de la mettre à profit pour savourer l’accomplissement de ce projet. Et cerise sur le gâteau, j’ai mis un point d’honneur à l’informer de mon projet. Moi qui m’était résignée un temps à ne rien dire – ou plutôt qui n’avait pas trouvé le courage… Quitte à la mettre devant le fait accompli au détour d’une manche trop courte. A la faveur de ce sentiment de liberté si jouissif, je me suis jetée à l’eau. Les mains moites et la voix tremblante, faut pas déconner… Mais j’ai dit mon projet. Il y a eu désaccord, aucune volonté de comprendre pourquoi mais ma foi, encore une fois, ça me suffit.

Bien sûr, parfois, je ressens le contre-coup de tout ça. J’ai l’impression de ne pas l’intéresser. Mais à choisir, je préfère ça. Car, au moins, je me sens libre de vivre ma vie. Finalement, je détenais la solution en moi. Il aura fallu une atroce nouvelle pour que j’y parvienne. Encore un petit coup de culpabilité avant d’accéder au bonheur.

PS : je profite de ce billet difficile pour glisser le lien vers cet article. Je ne sais pas si je fais partie de ceux qui ont des parents toxiques, mais je me reconnais plutôt bien dans certaines situations. Cependant, il m’est encore difficile « d’accuser » de la sorte ma mère. J’aurai l’occasion d’en parler très bientôt.

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Une réflexion sur “Couper le cordon à 32 ans

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