Craquage

Ce mercredi a été une journée noire. La semaine de reprise est rude pour J. On le sait, c’est systématique après chaque période de congés durant lesquelles nous partons de la maison, voir nous le faisons garder.

On le savait, mais cela n’empêche pas de craquer. C’est un fait, je ne suis pas encore blindée contre les hurlements de mon fils. La bonne nouvelle, c’est que j’arrive à mieux gérer ma nervosité. Je ne me laisse plus submerger.

Mercredi après midi a été l’exception. Mais une exception constructive. L’accumulation de fatigue de la reprise + ses nuits hâchées, l’exaspération face aux pleurs dont J. me gratifie depuis deux semaines, un cocktail explosif.

Il faut dire que je suis dans un état de nervosité extrême depuis une bonne semaine et demi. J. est ultra-collant et chouineur. Angoisses après l’avoir laissé 5 jours pour partir en vacances ? Conscience d’avoir sa maman pour lui 24h/24 ? Je ne sais pas. Mais concrètement, je ne peux pas faire un pas dans la maison loin de lui, sans qu’il ne chouine. Cela vaut aussi pour la nuit. Avec à la clé des hurlements pour venir dans mon lit. J’ai résisté et j »en suis fière (cela me fait penser qu’un petit article sur la façon dont nous gérons les réveils nocturnes pourrait être instructif).

A cela s’ajoute l’apprentissage de la frustration : ne pas toucher certains objets à ma demande, ne pas être sans cesse dans mes bras etc…

C’est comme ça que nous nous retrouvons avec un J. plutôt épuisé dès sa reprise chez la nounou. Et avec des nuits très chaotiques depuis lundi. Le schéma classique : première nuit complète, deuxième nuit avec le trio réveil/impossible de le poser dans son lit sans qu’il hurle/parents qui craquent et qui le prennent dans leur lit, troisième nuit complète mais avec un réveil très matinal et finalement la quatrième nuit où nous prenons la décision de le laisser pleurer.

Mercredi étant la journée noire dans ce schéma, le moment de la sieste a été l’apothéose. Un bébé épuisé. Une maman à bout et nerveuse. Ca ne pouvait rien donner de bon. J’ai donc câliné un peu, parlé un peu, crié beaucoup (surtout dans un coussin d’ailleurs), pleuré de rage et d’impuissance face à ces hurlements que j’arrive pas à apaiser. J’ai face à moi un bébé qui est épuisé, se frotte les yeux, se tort, baille à n’en plus finir, s’énerve. Un cercle vicieux infernal. Duquel je ne parviens pas à le faire sortir.

Alors j’ai abandonné, j’ai évacué ma frustration et je l’ai laissé seul dans son lit.

Il y a quelques mois, cette situation m’aurait dévastée. Je me serai trouvée nulle, mauvaise mère. Désormais, j’analyse différemment. J’ai simplement fait ce que j’ai pu. J’ai conscience d’être dans un état de fatigue qui ne me permet pas de gérer sereinement ce genre de situation. Alors je fais au mieux. Avec ce que j’ai comme ressource en moi. Je sais que cela ira mieux dans quelques jours. Je re-la-ti-vise. La DPP m’aura au moins appris ça. Ne pas me fustiger pour avoir réagi si violemment. Réfléchir après coup à ce qui a été fait et dit, identifier ce qu’il serait bon d’éviter ou surtout accepter cette réaction extrême. Accepter de ne pas pouvoir garder son calme. Accepter d’avoir ses limites.

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Lecture salvatrice

Parmi mes lectures de vacances, je suis tombée sur un article très intéressant dans BIBA. J’aurais beaucoup aimé le lire alors que j’étais encore enceinte. Je trouve les mots particulièrement bien choisis. La journaliste y fait également référence à un bouquin, qui me semble très bien fait. C’est le genre de lecture qui m’aurait beaucoup aidé à appréhender la suite de manière concrète et, qui sait, peut être éviter cette dépression.

Toujours est-il que, même si tout ça est derrière moi et si je suis beaucoup plus sûre de moi aujourd’hui, je pense me le procurer et le lire (enfin, si je trouve le temps…). A 10€, je ne prends pas beaucoup de risques.

Je ne me permettrais pas de vous le conseiller sans l’avoir lu, mais je pense qu’il peut faire partie de ces lectures salvatrices. Wait and see…

Edit : à peine l’article rédigé et publié, je me suis procuré ledit livre. Du peu que j’ai lu, j’aime beaucoup. C’est précis, concis et concret. Et surtout c’est droit au but. Sous forme de petit paragraphe pour chaque thème et accompagné de témoignages courts. Ce que je trouve bien, c’est le style sans détour. Ce que j’aime moins, c’est justement que c’est court. J’aurais aimé que certains thèmes soient davantage évoqués. Mais bon, c’est un détail. Donc, je recommande chaudement ce petit livre.

Rentrée cernée

Voilà, c’est la reprise. Les vacances sont finies, on a vidé la voiture et la poussette du sable accumulé, des miettes de gâteaux. Les tongs sont rangées, de toute façon on les a pas beaucoup sorti !

Boulot pour nous, nounou pour J. Une reprise parfaite si on oublie la nuit cauchemardesque qui a suivi cette première journée de rentrée. Sûrement une façon de nous faire comprendre, que, là, bon ça suffit de changer de chambre toutes les semaines. C’est donc les paupières lourdes que j’ai posé mes fesses sur ma chaise ce matin.

C’était chouette quand même ces vacances. C’était sport, c’était crevant, parfois éreintant même, mais c’était chouette. Le voir grandir sous mes yeux, faire un nouveau geste, voir sa bouille changée, je ne m’en lasse pas.

La nouveauté de l’été, c’est ce petit garçon qui commence à s’affirmer. Qui râle, qui se met en colère, qui ne veut plus lâcher sa mère (qui ose se barrer 5 jours loin de lui, quelle infamie !). J’ai découvert une sangsue, un pot de colle (de la glu sûrement). Je me suis sentie dévorée, phagocytée, tellement il s’est accroché à moi. J’ai beaucoup crié, d’énervement, de lassitude, de fatigue (mes bras se souviennent bien de ses 10 kg et quelques) et d’incompréhension. J’ai eu l’impression de ne pas arriver à le rassurer. Et lui prouver qu’il peut rester sereinement loin de moi quelques minutes. J’ai beaucoup câliné, de jour, de nuit, en souriant, en pleurant. 

Bref c’était intense comme vacances. Espérons que cette semaine de rentrée soit un poil plus calme, ça fera des vacances à mes oreilles, elles réclament tant le silence.

La révélation qui me dérange

Moi qui faisait la fière devant les autres mais qui, au fond, me demandais si je n’étais pas un peu bizarre (voir folle), moi qui clamais que chaque mère gérait à sa façon, eh bien finalement, je suis rentrée dans le moule. Oui, moi qui ai laissée avec joie mon fils d’à peine 3 mois à sa nounou pour reprendre mon boulot, moi qui suis toujours ravie d’avoir du temps pour moi (sous-entendu au détriment du temps passé avec lui), moi qui trépignais de partir en vacances à 2, j’ai eu le coeur très gros en ce 29 juillet. Une grosse boule dans la gorge qui a mis du temps à partir. Presque les larmes aux yeux même. Je ne me reconnaissais presque pas dans cette réaction, tellement elle m’a surprise moi-même. Je m’imaginais guillerette, impatiente, excitée, mais alors, triste, ça non. Quasi une révélation. Je sentais bien qu’au fil des mois, j’évoluais. Mais de là à basculer vers ce sentiment, j’en suis soufflée moi-même.

Mais ça me chiffonne. Oui, ça me chiffonne parce que, je dois bien l’admettre, je suis rassurée d’être comme tout le monde. Et avec cette logique-là, on ne va pas bien loin. Du moins dans le domaine de la parentalité. Car s’il y a bien une chose horripilante, c’est de sentir jugés dans ses choix et ses ressentis de parents. C’est tout moi ça : clamer que chaque maman a son style, sa façon de faire et d’être, et malgré tout, être bien contente de ressentir ce qu’il faut ressentir. D’être bien normale.

Limite je me déçois. Quel mélange ambigu de sentiments. Ce confort douillet et rassurant d’être dans la norme. Cette colère contre moi-même d’être ravie de ça. Cette déception aussi. J’aime les gens qui revendiquent, qui vont à contre-courant, qui bousculent les codes. Pour une fois, la vie me donnait l’occasion de bousculer un peu mon côté plan-plan. Et paf, premier virage, et retour illico à la conformité.

En tout cas, c’est un fait, je cherche toujours à me situer par rapport à un repère sociétal. Au lieu de me dire que je suis juste moi, je raisonne encore et toujours en terme de « je suis plutôt comme ci ou comme ça ».

Il reste du boulot en la matière on dirait !