Ces gifles de la vie

La vie peut vraiment être une pute par moment. Pour plein de choses. Plus ou moins. Mais parfois elle nous fout de sacrées grandes claques dans la gueule. Quand c’est pour de la joie, passe encore. Mais quand c’est pour de la merde, elle ne le fait pas à moitié.

Ce week-end, la mort nous a encore effleuré. Oh, pas de panique, cette fois-ci, c’est bien de loin. A peine un bruissement d’aile de papillon. Une petite phrase aux allures de faits divers. Un tremblement léger finalement. A côté du tsunami qu’une autre famille est entrain de vivre.

Et pourtant, pour moi, ce genre de nouvelles me fait toujours l’effet d’une gifle. Le coeur qui sursaute et qui saigne. La main devant la bouche pour retenir un cri, pour ne pas ouvrir la porte à toutes les angoisses qu’elle réveille d’un coup. Ce torrent d’effroi qui se déverse, comme un barrage qui lâcherait.

Samedi, je me suis retrouvée propulsée en un quart de seconde vers des souvenirs bien douloureux. Car la mort s’est déjà offert une intrusion dans nos vies. Bien trop tôt. D’un coup sec. Derrière la nuque. Le coup de fil en pleine nuit. Celui qu’on imagine qu’il n’arrive qu’aux autres. Les mots indescriptibles. L’hébétement. Le passage en pilotage automatique. C’est bizarre, car, autant, quand la mort frappe loin, je me liquéfie, autant, quand elle me concerne, je me blinde. Je me forge une carapace et je reste muette. On pourrait même croire à l’indifférence. Je garde tout. Ma tristesse, ma peur, mes questions, ce goût d’inachevé. Qui reviennent à chaque mauvaise nouvelle vécue d’un peu trop près. Inévitablement, je me projette. Et si ça nous arrivait à nouveau ? D’encore plus près ?

Et paradoxalement, ce matin, je me suis réveillée avec une furieuse envie de vivre. Comme pour défier cette épée de Damoclès qui plane au-dessus de nos vies si fragiles. Une envie de balayer tous mes problèmes d’un revers de la main. De tourner le dos aux emmerdeurs. D’oublier que le monde ne tourne plus si rond. Essayer de tourner ovale avec lui. De profiter de cette énergie vitale soudaine, pour réaliser tous mes projets.

Je sais d’expérience que ces quelques jours d’exaltation seront une parenthèse. Le soufflé retombera. Je me noierai à nouveau dans un verre d’eau. Mais cette fois-ci, c’est un peu différent. Ma priorité, désormais, ce n’est plus moi. C’est lui. Alors pour lui, je vais essayer de conserver cette énergie. D’entretenir ce regain. De surfer sur cette vague. Pour donner un sens à cette énième gifle. Pour tirer parti de ce coup de pied au cul que la vie nous donne via sa copine la mort.

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2 réflexions sur “Ces gifles de la vie

  1. Waouh quel article touchant
    C’est moche, triste, ça fout un gros coup de poignard bon sang
    C’est la vie on le sait, on est au courant, que ça peut arriver, n’importe quand, à n’importe qui, mais on ne s’y fait JAMAIS ❤

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