50 nuances de moi

Cela fait plusieurs fois que j’entends parler des vidéos d’Ina Mihalache alias Solange, du blog Solange te parle. Je n’ai pas encore eu l’occasion et surtout le temps (on en parle de ça?) de regarder ses vidéos, mais elles m’intriguent beaucoup. A priori, on adore ou on déteste. Je compte bien me faire ma propre opinion très bientôt.

J’ai tout de même entr’aperçu une vidéo dans laquelle elle cite 50 choses à propos d’elle. C’est le genre de petit jeu que l’on voyait sous forme de chaînes de mails il y a des années. Comme quoi, rien ne change, tout est cyclique. J’adore ce genre de questionnaires, d’autant que ce coup-ci, c’est plutôt de l’introspection et ça me plaît encore plus.

Totalement inintéressant donc mais très addictif à rédiger. Alors c’est parti :

1- Je suis liste-addict. Je fais des listes pour tout. Les courses, les choses à faire, à la maison, au boulot, des wish list, des Listes d’envies sur Amazon…

2- J’utilise des expressions de vieux. Je tiens ça de mon père et J. se fout régulièrement de ma gueule. Mais je peux pas m’en empêcher, ça sort tout seul.

3- J’ai été vice-championne de France de gymnastique, à 13 ans. Et j’ai été par la suite jusqu’à un niveau assez haut de compétition (l’équivalent d’une seconde division). J’en suis fière mais je me rends compte que j’ai davantage de regrets vis-à-vis des sacrifices qu’il a fallu faire que je n’en retire de fierté maintenant que j’ai la trentaine passée.

4- J’ai été en boîte de nuit très tardivement, probablement vers 18 ans, voir 19 ans. Rapport au point 3.

5- Toujours rapport au point 3, j’ai passé mon adolescence dans un gymnase. Là où d’autres profitent de leurs amis, des boum, des invitations, moi chaque soir, chaque mercredi, chaque samedi, j’étais dans un gymnase, à suer, à souffrir, à répéter des mouvements. Et le dimanche, je faisais mes devoirs. Vous pouvez verser une larme, merci !

6- Paradoxalement, j’adore mes grosses coupes et ma médaille bien lourde en argent avec son gros ruban tricolore. Même si elle a noirci depuis.

7- En terminale, ma mère me faisait réciter mes fiches de philo. Pitoyable, oui !

8- Je suis une grande dilettante. Je peux développer une passion subite pour un loisir et l’abandonner un mois plus tard sans aucun scrupule. C’est comme ça que dans ma bibliothèque j’ai des livres sur les bijoux en perles, la mosaïque, la pâte fimo etc…

9- Du coup, en ce moment, je résiste à l’appel de la couture.

10- Je parle beaucoup toute seule. Chez moi, en voiture, dans la rue. Je me refais le fil de certaines conversations, je me remémore ce que je dois faire. Le tout à voix haute. Je dois passer pour une folle, mais je m’en fiche.

11- J’adore regarder des séries, je suis capable de faire des marathons d’épisodes le temps d’un week end ou le soir. Enfin j’étais… depuis quelques mois j’ai vachement moins le temps.

12- Et des films aussi, comédies, drame, thriller, policier, bref j’adore m’évader par ce biais-là. Les livres me font le même effet.

13- J’aimerais reprendre le piano. Plus jeune, j’en jouais. J’avais à la maison un ersatz de piano, akka un synthétiseur (call me Jean-Michel Jarre). Ma mère l’a conservé, je songe fortement à le rapatrier cet été. Reste à lui trouver une place dans notre salon déjà très encombré.

14- Et puis la danse aussi. J’en faisais un peu également petite et j’adorais ça. En fait, j’adorais surtout le costume à revêtir pour le gala de fin d’année.

15- En fait, faudrait que je m’achète de la persévérance. Toujours cette envie de démarrer quelque chose, d’avoir un hobby qui me passionne. Pour me décourager à la première difficulté.

16- Je suis très dépensière. Une handicapée de l’épargne. Dès que j’ai un peu de sous, la CB chauffe. Internet aura ma peau, avec son paiement en ligne et son argent virtuel.

17- Je travaille pour le ministère de l’environnement mais je suis nulle en écologie. Je trie tant bien que mal mes déchets, mais je suis loin d’être exemplaire sur des petites choses plutôt faciles à mettre en place.

18- J’ai eu un piercing au nombril. Je pensais qu’il m’aiderait à aimer mon ventre. Echec cuisant. Mais je l’aimais bien. Puis mon fils est passé par là et j’ai désormais un trou dans le nombril.

19- Je passe mon temps à me poser des questions. Sur moi, sur les autres, sur le monde, sur la politique. Sans jamais avoir les réponses.

20- J’adore les quelques minutes de silence que j’ai le matin, quand la porte se referme sur mes deux hommes. Le silence, le canapé, un plaid en hiver, avant la frénésie de la journée.

21- Je bois de la chicorée le matin. Qui boit encore ça aujourd’hui ?!

22- Je suis très émotive. Mais essentiellement devant ma télé. Je peux verser une larme pour un gagnant de la vitrine du juste prix. Par contre, je suis restée stoïque tout le long de mon mariage.

23- Quand je suis en colère et que je m’énerve, cela me donne envie de pleurer. Et c’est totalement incontrôlable. C’était une arme très pratique en cas de dispute, malheureusement, J. ne marche plus désormais.

24- La musique me file souvent des frissons. Même les chansons de merde.

25- Je suis dingue des animaux. Mais que ceux qui sont doux. En fait, j’aime les peluches apparemment.

26- Par contre, j’ai la phobie de tous les insectes. Sauf les coccinelles et les mouches.

27- Je chante en voiture, quand je suis seule. Il y a eu une époque où j’ai cru chanter juste. Et puis j’ai tendu l’oreille…

28- Je suis une grosse paresseuse, j’aimerais tout réussir sans faire trop d’efforts. Je prétends ne pas aimer les ambitieux mais c’est surtout que j’envie leur ténacité.

29- J’ai toujours été farouchement pour la fidélité en couple. Tromper me semblait incompréhensible. Et puis j’ai mûri. Maintenant, je suis plus nuancée.

30- J’ai excessivement peur de la mort. Ou plutôt de mourir prématurément. Je ne veux pas rater tout ce qu’il y a à vivre dans une vie. Ado, je redoutais de mourir avant d’avoir fait l’amour. Puis avant de m’être mariée et d’avoir eu un enfant. Désormais je redoute de ne pas voir grandir mon fils.

31- J’en veux à ma mère d’avoir été si exigeante avec moi. Et de ne pas avoir su me dire que c’est parce qu’elle m’aimait très fort.

32- Petite, je bouffais les biscuits pour chien. Et j’aimais bien ça. Je ne sais pas si ma mère a compris pourquoi le paquet descendait si vite. Je n’oserai jamais lui poser la question.

33- Je me ronge les ongles. Mais j’adore le vernis. C’est con quand même !

34- J’ai déjà été convoquée devant le représentant d’un juge. Après avoir chipé des bonbons à la boulangerie petite, certains adolescents ne savent pas s’arrêter. Mais il y a prescription depuis.

35- J’ai été tellement terrorisée par ce juge que cela m’a vaccinée à vie contre les tribunaux. C’est comme ça que, pour me pacser, j’ai franchi le portique du tribunal en tremblant.

36- J’ai grandi comme fille unique. Qu’est-ce que je me suis emmerdée en vacances !!

37- J’adore les fringues neuves. Juste parce qu’elles sont nouvelles. Et même si je suis fan du vêtement en question, quelques semaines plus tard, il aura forcément perdu un peu de son attrait.

38- J’adore les surprises aussi. Peu importe la nature de la surprise.

39- A 15 ans, j’écoutais encore les chansons de Dorothée. Une cassette dans un walkman. Une autre époque.

40- Mon père est italien. Ado, je frimais un peu avec ça. Quitte à broder autour de son histoire. Giuseppe, Antonio, , c’était tellement exotique à mes yeux ces prénoms d’aïeux que je n’ai jamais connu.

41- Je peux être d’une mauvaise foi terrible. Mais j’essaie de me soigner.

42- J’aurais voulu être sage-femme. Ou assistante sociale. Ou institutrice. Mais sûrement pas ingénieur !

43- Je déteste me voir en photo adolescente. Comment supporter la vue de cette jeune fille avec un appareil dentaire, toute maigrelette, les lunettes d’Harry Potter, des boutons plein le front et même pas de frange pour les cacher ???

44- J’ai longtemps porté une tresse. Ma mère la faisait chaque matin. J’avais interdiction de la défaire. Je pensais ruser en les détachant la journée et en la refaisant le soir, sauf que je suis nulle en tresse.

45- J’aime bien faire plaisir à mes proches, mes amis. Si j’étais riche, je les couvrirais de cadeaux pour chaque occasion qui se présente. Encore une histoire de frénésie de shopping.

46- Il faut vraiment que j’en parle à ma psy. Je suis une névrosée des achats !

47- Punaise encore 4 à trouver. Ceci dit, je suis arrivée à 47 sans m’en rendre compte.

48- Je me suis toujours fait larguée. La seule fois où c’est moi qui suis partie, je suis revenue quelques jours plus tard.

49-Je rêve d’aller vivre dans d’autres pays. Je compte sur J. pour m’aider à réaliser ce rêve malgré ma timidité.

50- J’ai un rire de merde. Mais au moins, j’ai le sourire. Un joli sourire paraît-il. Sans surprise, moi je n’y vois que mes grandes dents.

Voilà, vous en savez maintenant bien trop sur moi. Mais que c’est salvateur ce genre d’exercice.

Infantilisation

Reste-t-on à jamais le bébé à sa maman ?? Quand j’entends les remarques émanant de ma propre mère, je me demande si, un jour, elle me verra comme une adulte mature et responsable. J’ai l’impression de ne jamais être à la hauteur, de n’être encore qu’une gamine irresponsable qui ne pense qu’à s’amuser. Et ça me gonfle. Plus ou moins selon mon humeur du jour, mais je ne parviens pas à faire glisser ces remarques acerbes.

C’est vrai que, moi-même, je ne vois pas mon fils grandir. Il approche de son premier anniversaire et j’ai encore les sensations de ma grossesse ancrées dans mon ventre. Des images de sa naissance sont gravées dans ma tête avec une netteté impressionnante. Et pourtant, il s’en est passé des choses depuis une année. Il a évolué comme jamais, c’est fou quand on y pense. Passer de  l’état de nourrisson à ce petit bébé devenu petit garçon qui marche quasiment.

J’imagine bien qu’il est difficile de considérer son propre enfant comme un adulte d’égal à égal, encore que… mais de là à manier l’infantilisation à vie, il y a un fossé. Maintenant que la phase « tout petit » est terminé, on attaque la phase éducation. Il est encore petit mais nous devons d’ores et déjà poser certaines limites. Il comprend le non, il comprend nos encouragement. Nous avons donc des choix à faire. On tâtonne un peu, on hésite, on essaie, on recule, mais on expérimente. Et c’est aussi la période où, ma mère étrangement peu loquace jusque là, se met à se dévoiler… Comment ai-je pu être aussi naïve de croire qu’elle me laisserait gérer ça sans une remarque à l’horizon ?…

Je suis donc redescendue sur terre, j’ai ravalé mes espoirs de débats constructifs sur les manières d’élever et d’éduquer un enfant, tout en respectant les choix différents des nôtres. Je ferai le dos rond, comme avant. Et je tenterai plus que jamais de ne pas me laisser atteindre par ses remarques blessantes, infantilisantes, inutiles puisque systématiquement orientées « écoute mes conseils, j’ai forcément raison et toi tu as tort, ma manière de faire est la meilleure ».

Je lui en veux d’être comme ça. Je devrais bien finir par l’accepter telle qu’elle est mais je n’arrive pas à m’y résoudre. Je persiste à croire qu’elle pourrait changer. Naïveté encore. Elle est bien trop ancrée dans son époque, son éducation, sa génération pour changer. Elle suscite en moi des sentiments très ambivalents que je ne décrirai pas dans le détail par pudeur. Il va pourtant falloir que je me résigne, un jour ou l’autre, pour enfin être capable de laisser glisser ses propos.

Longueur d’onde

J’avais déjà évoqué ce sujet dans un précédent billet, nos différences en matière « d’éducation » m’effraient un peu. Par moment, j’ai l’impression que l’on ait sur deux longueurs d’onde totalement opposée. Ces différences s’avèrent être plutôt une complémentarité mais j’avais tellement en tête d’être en cohérence que cela me perturbe toujours un peu.

Il m’arrive de résister et d’argumenter uniquement parce que j’en ai besoin pour légitimer ma place de mère. Je suis pétrie de doutes, ça, on commence à le savoir. J’ai beaucoup de mal à me situer, à me fier à mon instinct. Je progresse nettement depuis la naissance de J. mais j’ai encore bien de la marge. Ceci dit, je sais pertinemment que je ne serai jamais cette mère archi-convaincue de ce qu’elle prône. Je serai toujours plus ou moins influençable. Il suffira d’un jour « sans », d’un jour de doute, de fatigue pour que je remette en question une partie de mes choix. Mais parfois, quand je choisis de suivre une voie, même si ce choix est fait du bout des lèvres, j’ai besoin de le défendre. Comme pour me prouver que j’ai fait le bon choix justement. Pour m’auto-persuader de son bien fondé. Pour légitimer mon choix de mère. Alors qu’au fond, ma décision est si fragile, mon choix si peu important à mes yeux. Finalement, ce n’est pas tant la nature du choix que le fait même d’avoir choisi qui compte.

Pourtant, il y a des sujets sur lesquels j’ai tendance à demeurer inflexible. Parce que je sais que j’ai raison. Et autant je suis très mauvaise pour défendre des choix peu assumés, autant je suis capable d’exploser de colère quand je sais que j’ai raison. Au point d’oublier qu’en face, j’ai une personne qui a aussi le droit de choisir une autre voie, quand bien même celle-ci est moins bonne à mes yeux. Dans ces cas là, je suis en colère contre moi-même de ne pas arriver à le convaincre. En colère contre lui de ne pas savoir lire dans mes yeux que, là, précisément là, j’ai besoin qu’il capitule, qu’il me suive, qu’il me fasse confiance.

A trop vouloir défendre mes idées, les assumées comme les plus fragiles, j’en deviens incapable de lui signifier ce qui compte réellement à mes yeux. Le problème, c’est que quand je défends davantage mon choix de mère que l’idée en elle-même, cela se fait au détriment de toutes les fois où je vais vouloir défendre mon vrai choix.

C’est dans ces batailles incessantes que naissent mes craintes. Ces argumentations sans fin me laissent sur un goût amer de fouillis, de désaccords. Elles créent des brèches dans lequel le doute s’engouffre. Elles me renvoient à la figure toutes ces différences que j’interprète comme des incohérences.

Mais finalement, est-ce si grave pour J. d’avoir face à lui deux façons de faire ? Sempiternelle question qui tourne dans ma tête. Où se trouve le bon dosage entre la répétition nécessaire à sa construction de repères et la diversité de comportement qui enrichira sa découverte de l’autre ? Parce que, après tout, la vie c’est ça. Des êtres différents, aux modes de vie différents, aux codes divers et variés. N’est-ce pas là la première façon d’éveiller notre fils à la diversité ? En voulant le meilleur pour lui, est-ce que je n’ai pas tendance à le priver de découvrir autre chose ? Ma conception du meilleur pour lui n’est sûrement pas la même que celle de son papa.

C’est à moi de savoir faire une place de choix à sa conception de père. A moi de prendre conscience que ma place de mère ne sera pas remise en question. A moi de prendre suffisamment confiance en moi et en nous pour faire collectivement les bons choix.

J’attends juste de lui qu’il me guide dans mes moments de doute, qu’il me rassure sur ma capacité à être une bonne mère, qu’il me fasse part de ses réflexions, qu’il sache écouter les miennes.

C’est à nous d’admettre que l’autre puisse faire différemment, mais tout aussi bien et tout aussi enrichissant pour J.

Travailler sur soi

Je me demande souvent jusqu’où on peut s’améliorer. Se bonifier avec le temps. Et dans quelle mesure on ne peut pas tant changer que ça. C’est bien connu, chasser le naturel, il revient au galop.

Je ne suis jamais très contente quand J. me demande d’être moins ceci, plus cela etc… J’ai toujours la désagréable impression qu’il ne m’aime plus pour ce que je suis vraiment. Qu’il faudrait que je change pour lui plaire à nouveau. Je sais au fond de moi que cette impression est fausse mais elle est bel et bien là et j’ai du mal à m’en défaire.

Pourtant, je sais que l’on peut toujours évoluer. Une relation est aussi faite pour s’enrichir des qualités de l’autre. L’amour que l’on porte à cette autre personne nous pousse à être meilleur, à donner le meilleur de nous-même. Je connais mes défauts, je sais que je suis perfectible, je sais même ce qu’il faudrait faire. Et puis, les années que l’on prend nous font mûrir, grandir. La parentalité nous fait changer aussi. Le socle reste le même mais le vernis évolue. Je serai toujours quelqu’un d’impulsif, quelqu’un qui doute, quelqu’un qui veut tout, mais je sais que je peux aussi être plus à l’écoute, être plus souple, être moins inflexible.

Mais, par moment, les jours « sans », je n’ai pas envie d’être meilleure, je n’ai pas envie d’être cette autre, j’ai juste envie qu’il m’aime telle quelle, sans changer un millimètre de ce que je suis. Parce que c’est de l’investissement de changer, ce sont des efforts. Que le quotidien est parfois éreintant et, ces jours-là, a déjà épuisé toutes mes ressources pour faire des efforts.

En ce moment, je suis dans une période « sans ». Je touche du doigt mes limites. Ma limite, c’est le sommeil. Les nuits hachées, les longs trajets à répétition, prendre soin de mes proches, je me sens lasse. Je suis fatiguée et je n’ai pas la capacité de faire ces efforts-là.

Plus tard, promis, je les ferai. Mais là, j’ai juste envie d’être dans un cocon de douceur, de tendresse. J’ai envie qu’on me murmure à l’oreille que « tout ira bien », que « ça va passer », que « l’été arrive, c’est ta saison préférée et que le soleil panse les plaies ».

Love life #1

Je suis assez douée pour l’enthousiasme. Je suis de ces personnes qui sautent de joie, haut et fort, pour pas grand chose. Qui se réjouissent d’un tout petit signe, d’une jolie coïncidence, de trois fois rien. Ca me colle immanquablement le sourire. J’en ai sous le pied et heureusement, étant donné que je me suis dotée d’un mari à l’humeur en forme d’encéphalogramme plat. Qu’il soit heureux ou mécontent, il a la même tête. Moi, c’est l’inverse, quand je vais bien, on le sait. Et quand je vais mal, il le sent bien passer aussi !!

J’ouvre donc une catégorie plus légère, pour ne pas passer à côté de ces petits moments de vie si doux, si brefs mais qui nous font chaque jour toucher du doigt un petit bout de bonheur juste parce qu’ils font sourire notre visage.

Pour ce premier opus, il y a du récent, du très récent et du très vieux. J’aime l’idée de garder la trace de toutes ces fois où j’ai su me réjouir de ces petites choses.

1- ce moment où, malgré la fatigue, les nerfs à fleur de peau, j’ai su l’écouter. Pour de vrai. Sans penser intérieurement à ma prochaine réponse tout en écoutant d’une demi-oreille ses arguments.

2- l’entendre me remercier pour une petite chose banale. Et m’entendre accepter ce merci à sa juste valeur.

3- tomber par hasard sur une pleine lune dans un ciel couleur encre sans aucun nuage.

4- être en voiture pour admirer tranquillement un coucher de soleil minute par minute. Et sans l’avoir dans la gueule !

5- le voisin de chambrée d’un proche hospitalisé qui porte le même prénom que mon fils.

6- avoir pile le montant de la commande de sushis en ticket resto.

7- voir sa petite main se refermer sur mon pouce et ses yeux doucement se fermer. Me prendre pour ce doudou qu’il n’a pas encore choisi.

8- tomber sur une jolie rue dans la ville, imaginer un bout de vie ici le temps de la parcourir et tout oublier la minute d’après.

 

A quoi tu penses…

quand ton regard se fige sur un jouet, le détaillant, cm par cm ?

quand ta petite main s’ouvre et se ferme doucement, phalange par phalange, devant tes yeux grands ouverts ?

quand tes yeux bruns se perdent soudain dans le flou, au loin, ailleurs, un si bref instant ?

quand tes yeux suivent le paysage qui défile derrière la vitre, pendant quelques minutes, avant que tu acceptes de lâcher prise, de ne plus vouloir dévorer ce monde qui t’est encore bien inconnu et sombrer enfin dans le sommeil ?

quand ta respiration se fait douce et régulière contre moi, le soir, plongés dans la pénombre de ta chambre ?

Je me demande souvent vers quoi vont tes pensées dans ces moments où tu sembles hors du temps et hors de notre monde. Tu aimes tant découvrir, tu ouvres tes yeux aussi grands que possible pour ne rien manquer de ce qui t’entoure et pourtant, il y a ces instants suspendus durant lesquels je ne sais pas où tu es, où tu vas.

Tu as déjà ton jardin secret, c’est troublant pour une maman, tant on a été en fusion pendant de long mois.

J’aime te voir prendre ton autonomie, que ce soit par le corps ou par l’esprit. Et en même temps, je déteste te voir de détacher de moi, jour après jour, tant j’ai aimé cet état de fusion avec toi.

Alors je savoure les fois où tu plaques ta petite bouche grande ouverte sur ma joue. J’aime à croire que ce sont les prémices de tes bisous. Comme pour me rappeler que tu as encore dans la peau notre fusion passée.

Avec ou sans ?

A plusieurs reprises, je me suis trouvée sans AD pour quelques jours. A chaque fois, c’était une question de fin de boîte. J’oublie systématiquement d’anticiper l’achat de la prochaine boîte. Bilan : 2 à 3 jours sans.

Alors, ça donne quoi moi sans AD ? Ça donne que c’est pas terrible. Je ne sais pas si c’est une coïncidence ou pas, mais à chaque arrêt, J. a été dans un jour un peu grognon et je me suis montrée bien moins patiente à son égard qu’à mon habitude. Alors, certes, il y a les nuits entrecoupées en ce moment, beaucoup de trajet et donc de la fatigue, mais bon, je me demande finalement si je suis capable d’arrêter les AD.

Ce que je crois surtout, c’est que j’ai besoin de me retrouver. J’essaie tant bien que mal d’identifier d’où vient mon manque de patience. Déjà que je suis d’un naturel impulsif et impatient… Il faudrait que tout roule, vite, sans accroc. Dès que ça s’écarte du chemin que j’ai imaginé, ça me gonfle.

Je manque clairement de temps pour moi et ça me pèse de plus en plus. J’ai remarqué que je perds particulièrement patience quand le programme ne prend pas la direction que j’ai planifié dans ma tête. Quand ça ne va pas assez vite. Quand je perds du temps.

Je rêverai d’une journée toutes les deux semaines (on peut rêver non?) juste pour moi, pour bouquiner, dormir, rêvasser, juste ne plus penser à l’heure du repas, à l’heure de la sieste, regarder le temps s’étirer devant moi. C’est là que je réalise la chance qu’ont les couples qui ont leurs proches à proximité. Je réalise le bonheur que cela peut être de se dire qu’en cas de besoin, on peut profiter d’une après midi, d’un dimanche, d’une soirée, au pied levé. Je savais qu’on faisait partie de ces « malchanceux » de la géographie familiale avec des parents à plus de 700 km mais je ne mesurais pas à quel point ça me pèserait. Je pense que je tiens là ma difficulté. J’ai besoin d’être seule et de me ressourcer.

Je songe donc de plus en plus à me mettre en quête d’une baby sitter de confiance pour avoir la possibilité de succomber à ces moments de liberté. En attendant, j’ai en ligne de mire une semaine, fin juillet. Une semaine où ma belle-mère sera là et durant laquelle je compte bien lui déléguer un maximum de choses pour tenter de récupérer un peu.

Reste la question des AD. Et plus largement la question de ma gestion de mon temps. Je suis trop gourmande, à l’évidence. Je veux tout. M’occuper de mes J. M’occuper de moi. Bouquiner. Farfouiller internet. Dormir. Ne rien faire. Il va falloir que je fasse des choix. Et j’ai du mal à m’y résoudre. AD ou pas AD, je ne peux pas tout faire. Ce sera donc lire ou ranger les papiers. A votre avis, je choisis quoi ?…