Espace vital

Souvent j’ai le sentiment d’étouffer. Comme si mon espace de vie était subitement devenu trop petit. Au début j’ai cru que c’était ma tranquillité qui me manquait, du temps pour moi. Désormais, je sais que cela va au-delà de ça. Oui j’ai très souvent envie d’être juste seule. Mais je sens aussi que la présence de mon fils touche à mon espace vital.

Au fur et à mesure que je prends mes repères, je redéfinis le contour de mon espace à moi. Il est plus petit qu’avant, plus malléable. Je dois accepter qu’il y fasse intrusion à tout moment, même les plus inopportuns. Qui n’a jamais connu ce doux moment où on profite d’un passage aux toilettes pour souffler 5 minutes, voir davantage, persuadé que dans ce recoin, personne ne viendra nous déloger. Et d’entendre au loin un hurlement, sonnant la fin de la parenthèse.

Il m’a fallu du temps pour accepter de partager à ce point mon propre espace. Pour ne plus trouver pesant de devoir répondre à ses innombrables appels. Je suis devenue experte de la tâche morcelée. C’est ce que j’appelais le renoncement à soi. Nous ne sommes plus notre propre priorité. L’altruisme à l’état pur. Y compris pour les choses les plus vitales et basiques. Comme se nourrir, dormir, se laver…

Alors, quand vient enfin ce moment, le soir, où le calme se fait, je n’ai même plus envie d’allumer la télé, de lire, de zoner sur internet. J’ai juste envie du silence, entendre ma propre respiration, être seule, presque repliée sur moi-même. Il m’est arrivé de repousser la main de mon mari, ne plus être touchée, envahie. Le temps de me reconnecter avec moi-même. De recharger les batteries. Pour être prête de nouveau à partager.

Moi qui n’aimait la solitude qu’à petite dose et qui avait tendance à m’ennuyer, je me prends à rêver à deux ou trois jours off, seule, à regarder le temps filer, sans vouloir le rattraper. Ce temps que je ne vois plus passer, mon temps qui ne m’appartient plus, je voudrais de nouveau avoir le temps de l’observer, avoir conscience qu’il passe. Au lieu de subir ce tourbillon, impuissante à le retenir.

PS : ce billet m’a été inspiré par celui-ci.

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Une réflexion sur “Espace vital

  1. « Qui n’a jamais connu ce doux moment où on profite d’un passage aux toilettes pour souffler 5 minutes … »

    Quand je vais aux toilettes c’est pas pour souffler !

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