L’empreinte de nos parents

Je me demande souvent quels souvenirs on peut garder de nos toutes premières années de vie. Et même de la période intra-utérine. Il paraît qu’à cet âge-là, nous sommes des éponges. Mais garde-t-on la mémoire de toutes ces émotions absorbées ?

La mémoire du corps et les souvenirs me fascinent. Comment se fait la ségrégation entre les souvenirs imprimés et ceux qui passent à la trappe? Quels critères pour tamiser toutes ces informations ? Pourquoi des odeurs, des couleurs, des images ? Pourquoi parfois ces impressions de déjà-vu ?

Dans la continuité de ces questionnements, je me demande souvent quelle empreinte nos parents nous laissent dans le corps et dans l’esprit. De quelle manière nous façonnent-ils ? Je trouve ça parfois inquiétant cette capacité que notre corps a de mémoriser ces choses infimes. Sans nous en laisser le choix. Ou tout du moins consciemment. Comme s’il fallait faire une confiance aveugle à notre subconscient (ou inconscient?). Cette inquiétude reflète bien ma volonté de contrôler un maximum de choses. Alors que la vie est faite d’imprévus. Alors même que nos personnalités sont un subtil mélange de génétique, d’influences parentales, familiales, environnementales et de choix. Quelle part pour notre libre arbitre au milieu de tout ce que nous ne maîtrisons pas…

Quand je doute de mes choix vis-à-vis de J., c’est tout cela qui me paralyse. La peur de faire le mauvais choix pour lui. La peur d’avoir une mauvaise influence, de lui laisser des séquelles, d’être à l’origine de micro-traumatismes dont il aura bien du mal à se défaire par la suite. Être responsable des premières années de vie de quelqu’un me semble terriblement difficile. Chaque décision me semble irrémédiable, chaque choix est cornélien, puisque, par essence, il y a toujours des inconvénients, chaque croisée de chemins me fait tergiverser. Il me faut encore du temps avant d’envisager de faire à l’instinct, au feeling, à ce qui me semble le mieux à mes yeux.

J’aurais aimé pouvoir lui laisser le choix total de sa personnalité, lui permettre de démarrer son histoire avec une page blanche. Ainsi il aurait pu façonner son caractère au gré de ses rencontres, de son chemin de vie. Et moi j’aurais pu me dédouaner en cas de mauvaises décisions. Quelque part, je crois que je n’assume pas l’empreinte que je vais lui laisser, probablement parce que je la dévalorise. Je tente en vain de me persuader que tout n’est pas joué alors que, déjà, dans mon ventre, je le marquais au plus profond de son être.

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