Couper le cordon

Ma mère n’est pas au courant pour ma DDP. Pour plein de raisons. Mais surtout parce que je n’assume pas. Je m’empêche de faire beaucoup de choses par peur de sa réaction d’ailleurs, ce n’est pas nouveau pour moi, j’en ai parfaitement conscience. A 32 ans, cela en devient ridicule quand même, non ?

Quand j’étais enceinte, je réfléchissais souvent à la façon dont elle m’a élevé et à ce que je voudrais reproduire ou non de tout ça. Ma sentence est sans appel, j’ai tendance à partir à l’opposé. Pourtant, je pense avoir été bien élevée. A l’ancienne, mais bien élevée. Malgré tout, si je ne devais retenir qu’une seule de mes réflexions, c’est bien celle qui me fait dire : « je ne veux surtout pas être comme ça! ».

Pour faire court, à la maison, on ne m’a que peu écoutée, surtout à l’adolescence. Un père souvent absent pour son job, je pense manquer de la reconnaissance masculine dont une jeune fille a besoin. C’est un fait, mon père a complètement remis les clefs de mon éducation à ma mère. Peu d’écoute donc, peu de loisirs, beaucoup de travail et surtout, surtout, une exigence de perfection infernale et non-droit à l’erreur permanent. Je suis marquée au fer rouge par l’idée que je dois être parfaite. Aux yeux de qui, je ne sais pas trop… Un peu de tout le monde… Ma mère, bien sûr, mais aussi mon mari, mes ami(e)s, mon patron etc….

Perfection à l’école, perfection dans les études, perfection dans le sport, perfection dans l’apparence, tout était passé au crible, la moindre incartade réprimée, le moindre fléchissement condamné. Toujours bien dans le droit chemin, ne surtout pas s’en écarter, ne pas se tromper, ne pas oser. J’avais mon mantra : « nous n’avons pas le droit à l’erreur, on a pas de seconde chance dans la vie ».

C’est comme ça que je suis devenue une adulte timide, pas très téméraire pour oser quoi que ce soit dans n’importe quel domaine. Avec ce modèle de perfection qui me colle aux basques. Dont je peine à me débarrasser pour enfin vivre ma vie telle que je l’entends, sans régime, en osant (s’habiller, parler, se faire tatouer…), en se trompant, en recommançant, sans avoir d’autres craintes que le manque de temps, en étant libre.

Et donc, qui dit perfection, dit mère qui assume son rôle, sans faiblesse. Et qui ne fait donc pas de DPP. Avouer ma DPP à ma mère, c’est avouer ma faiblesse. C’est avouer que je n’assume pas encore la responsabilité de mon fils, que j’ai du mal à me faire à cette charge. J’aurais l’impression de faire un caprice devant elle, de rechigner devant un devoir un peu coriace. Comme une gamine qui ne veut pas devenir adulte et assumer les responsabilités qui vont avec. J’ai bien conscience que la pression, je me la mets toute seule. Je pense que ma mère comprendrait mais je n’en suis pas persuadée. Mais le doute persiste, tenace, au point de me bloquer.

Alors je garderai ça pour moi. Je préfère me concentrer sur d’autres choses la concernant. Cela prend du temps, mais je commence à m’affranchir de ses règles à elle, pour construire les miennes, les nôtres, celle de notre famille.

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