Avis de tempête

Trouver notre style de parents n’a pas été simple. Ou plutôt trouver notre place.

A l’époque j’étais très orientée « je fais ce que les livres disent de faire ». A la moindre interrogation, hop, je dégainais internet et mes bouquins. Et je compulsais les recommandations, je les assemblais, je les mélangeais et tadam, j’en faisais une bouillie que je prenais pour argent comptant. Ce serait comme ça et pas autrement ! Mon homme était beaucoup plus intuitif, il faisait comme bon lui semblait. Il réfléchissait, il analysait et il choisissait. Après coup, j’ai l’impression d’avoir perdu mon esprit critique en même temps que j’ai accouché…

Nous nous sommes donc accrochés plusieurs fois, souvent violemment. Par ma faute. Je sur-réagissais. Symptôme de la DPP, mon humeur bondissait. Tout prenait une ampleur démesurée. Les premiers mois, ces disputes sont restées sporadiques, c’est plus tard qu’elles se sont intensifiées. Il faut dire qu’au départ, nous avions peu de prétexte, J. mangeait bien et dormait bien. Il grandissait normalement, rien à signaler.

Plus tard, nous nous sommes opposés sur la façon de faire, doit-on le laisser pleurer ou pas (aaah, un grand classique du genre !), doit-on le câliner en permanence ou pas, doit-il faire ses siestes dans son lit, son couffin, sur le canapé, doit-on le prendre dans notre lit ou pas…. etc etc…

Maintenant que nous avons trouvé chacun notre style et surtout, surtout, accepté celui de l’autre, je peux dire que nous nous complétons plutôt bien. Je n’avais pas envisagé que nous puissions être complémentaires. Je nous voyais plutôt identiques. Etre sur la même longueur d’onde, c’était mon graal. Etre d’accord sur tout. Le moindre différent me mettait dans tous mes états. Comment élever notre fils de manière cohérente si nous n’étions pas synchro.

Et puis finalement, le temps a passé, les repères se sont trouvés et les places avec. Je suis clairement dans le maternage (mais bien loin des pratiques du cododo par exemple). Je suis dans la douceur, dans l’empathie, dans le dialogue. Le papa est plutôt dans le dynamisme, le jeu, l’autonomie. Il a tendance à le pousser là où j’ai tendance à le retenir. Quant à moi, je suis la présence rassurante quand les angoisses sont fortes. Moi qui n’aime pas trop coller aux clichés (sans raison valable d’ailleurs, parfois les clichés se vérifient), je suis servie.

Je crois que cette attribution implicite des rôles a largement participé à l’apaisement de tout le monde. Je me sens désormais à ma place, pas tout le temps, mais suffisamment souvent pour être sereine.

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