Il a tout pris ?

Il a tout pris ? J’ai dû entendre cette phrase une centaine de fois en quelques jours. Voir plus !

Belle-maman est arrivée, un lundi soir, par le train. Elle m’a dit bonjour (j’aurais dû savourer cette dernière fois à sa juste valeur, désormais, nous passons après notre fils, même pour le bonjour), puis a fait connaissance avec J. J’avais tant de fois entendu de mes amies que je serai probablement jalouse d’elle que je m’attendais au pire. Je l’ai observé quand elle lui parlait, quand elle le portait, quand elle lui donnait le biberon. J’ai eu beau la scruter, non, rien de tout ça, je n’ai pas été jalouse.

Une nouvelle fois, je me suis sentie à côté de la plaque. Pas comme les autres. Donc pas une maman normale. Mais sur le coup, ça ne m’a pas gênée plus que ça. Je me suis dit que je devais être détendue, cool et donc moins stressée par l’idée que ma belle-mère ne soit trop intrusive. Je voyais plutôt sa présence comme une aide, comme l’occasion d’apprendre, de profiter de son expérience. Je voyais le côté positif.

La semaine est passée, on s’est baladé pendant des heures, profitant du soleil. Je crois que je n’ai pas pu toucher à la poussette de mon fils une seule fois tellement elle était fière de le promener… Cela me faisait sourire, elle se pavanait comme un coq, je trouvais ça attendrissant. Elle a donné le biberon, changé les couches, on lui a montré les quelques gestes qu’on nous avait appris, elle a respecté nos « consignes ». Finalement, cela se passait plutôt bien.

La seule chose qui est devenue insupportable, ce sont les conversations. J’ai terminé la semaine le crâne bourré, prêt à exploser. Plus une seule place libre pour mes propres pensées, mon instinct a été littéralement noyé.

Petit florilège :

– il a tout pris (son biberon) ? avec sa variante : il a pris combien ?

– il a fait caca ? et son corolaire : c’était de quelle couleur ?

– il a peut-être froid ? et sa ribambelle de copains : il a peut-être chaud ? il a peut-être faim ? il a peut-être sommeil ?

Après deux jours, j’ai haï le mot « peut-être ». Après 4 jours, je courrais me planquer dans n’importe quelle pièce dès que je sentais poindre une de ces questions, après 6, j’avais envie de l’emplafonner, et le dernier soir, je me suis effondrée dans les bras de mon mari. J’étais sonnée, j’étais perdue. Je lui ai tout déballée, mon sentiment d’être noyée de questions, de conseils, qui m’empêchait de faire connaissance avec mon bébé, de le découvrir patiemment, jour après jour, d’établir un dialogue. Je ne me sentais pas dans un climat bienveillant, doux, posé pour le faire. Je me sentais épiée et ça ne me mettait pas en confiance pour créer ce lien. Je savais qu’à la moindre phrase, au moindre questionnement émis tout haut, j’aurai une remarque, un conseil, que je ne souhaitais pas avoir. Je voulais juste me sentir libre d’être hésitante, libre de tâtonner et surtout qu’on me laisse faire.

Mais ça, ma belle-mère ne le sentait pas. Comment lui dire : « s’il vous plaît, je ne veux pas de vos conseils, ils me perturbent ». Il n’y a pas de bonnes manières de dire cela. Pas à ma belle-mère. Ces conseils partaient d’un bon sentiment, comment la rabrouer, elle cherchait juste à aider, et moi je ne voulais surtout pas être aidée.

Elle est enfin repartie, nous avions alors 5 jours qui se profilaient devant nous, 5 jours de calme avant un week-end entre amis, puis l’arrivée de mes propres parents. On allait repartir pour 10 jours du même calvaire. Autant vous dire que ça ne m’enchantait guère…

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