Ma grossesse, mon nirvana

Je crois que quand je disais à mon homme que je voulais un bébé, je me trompais. En fait, ce que je voulais, c’est être enceinte. Mais ça, je ne l’ai compris que bien après la naissance de notre fils.

Je voulais à tout prix être enceinte, j’avais une trouille bleue de ne jamais connaître cette expérience. A tel point que, même avant d’avoir jeté ma dernière plaquette vide, je pensais déjà à l’angoisse d’apprendre que quelque chose clochait chez nous côté fertilité.

Il faut dire que nous avions connaissance de quelques couples d’amis qui avaient des difficultés. Je lisais aussi déjà des blogs sur le thème de la PMA. D’une part, je voulais comprendre ce que nos amis traversaient et d’autre part, cette peur sourde restait tellement ancrée en moi que c’était une nécessité de me renseigner. Comme si savoir allait éloigner ce spectre.

Pourtant, en y regardant de plus près, 80% de nos amis ont conçu leur bébé en C1 ou C2, allez C3 grand maximum. On a beau se dire que « ça viendra quand ça viendra », ça me foutait la pression bordel !

Finalement, rien de tout cela ne s’est produit, un petit oeuf s’est niché ni trop tôt ni trop tard et à priori sans encombre. Nous étions les escargots du groupe, mais je m’en foutais royalement. Point de départ de 9 mois de rêvasseries.

D’abord, 3 mois d’attente jusqu’à la première écho. J’étais fébrile, fiévreuse, compulsant les forums, traquant les symptômes que je n’avais pas (oui pourquoi profiter de 3 mois sans nausées, sans douleur au ventre quand on peut se pourrir le cerveau ?!). Et surtout, 3 mois de peur, peur complètement irrationnelle de découvrir à l’écho soit un oeuf clair, soit un coeur arrêté. Pourquoi cette peur ? Je ne sais pas vraiment. Cela représente pour moi l’une des épreuves les plus brutales de la grossesse. Se projeter pendant 3 mois et découvrir subitement que non, tout s’arrête là. J’étais plutôt préparée à découvrir du sang mais, ça!, comment s’y préparer ?

Là encore, rien de tout cela ne s’est produit, nous avons découvert ébahis sous nos yeux des bras, des jambes, une tête, un corps, un clignotement, ce bruit de galop, une clarté nucale parfaite, tout ce qu’il faut là il faut. Nous étions incrédules, surtout que ce petit être bougeait ! Summum de la surprise pour nous. Moi l’émotive, je n’ai pas versé une larme, je riais sans vraiment réaliser que ce bébé-là était au creux de moi, sous ma peau qui se soulevait à chaque rire et faisait tressauter la sonde.

Désormais, plus de peurs irrationnelles, certes des inquiétudes, des craintes, des doutes, mais rien qui ne me dépasse totalement. Et moi quand j’ai le contrôle, je suis au nirvana !

 

 

 

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